Rodolphe Haikel, le chef d'état-major libanais, devait effectuer une visite aux Etats-Unis dans les prochains jours. Or, hier (mardi), l'ambassade du Liban aux États-Unis a été informée que la majorité des réunions prévues avaient été annulées en raison d'un "manque de disponibilité" des responsables américains.
Ce changement de programme témoigne d'un exaspération croissante aux Etats-Unis face à l'inaction des pouvoirs libanais pour désarmer le Hezbollah, comme le prévoit l'accord signé avec Israël, il y a près d'un an.
Alors que Tsahal multiplie les opérations ciblées au Liban, des sénateurs américains ont accusé l'armée libanaise d'inaction face à l'organisation terroriste et d'échec dans le désarmement du groupe.
Pour les Libanais, ces mesures américaines sont directement liées aux récentes déclarations de Haikel, qui a accusé Israël de porter atteinte à la souveraineté libanaise et d'entraver les opérations de l'armée dans le sud du pays.
Ces propos ont également été tenus lors d'une réunion du cabinet libanais, où Haikel a affirmé qu'Israël empêchait l'armée d'accomplir ses missions au sud du fleuve Litani et a même remis en question la pertinence de poursuivre les opérations dans le cadre actuel. Selon des sources libanaises, ce message a été transmis à l'administration américaine par l'intermédiaire de responsables politiques locaux, ce qui a exacerbé les tensions.