Il y a environ une semaine, la commission Turgeman a dévoilé son rapport sur les enquêtes menées par Tsahal concernant les défaillances du massacre du 7 octobre. Cette enquête, qui établit notamment qu'il aurait été possible d'éviter les atrocités de ce samedi noir, a suscité de nombreuses réactions.
De nouveaux éléments issus de ce rapport, portant notamment sur les décisions prises par le général Eyal Zamir pendant son mandat de commandant du secteur Sud ont été révélés par la chaine israélienne N12.
Des concepts de défense inadaptés et des décisions erronées ou inexistantes
En 2018, le chef d'état-major Zamir avait reçu, alors qu'il commandait le secteur Sud, ce qui est aujourd'hui qualifié de « renseignement en or » : le plan du Hamas visant à anéantir la division de Gaza par voie terrestre, en franchissant la barrière, au moyen de milliers de terroristes de la No'hba.
Mais Zamir n'a rien entrepris – aucune discussion n'a eu lieu sur le sujet. Il n'a élaboré aucun scénario de référence pour une attaque de grande ampleur et n'a pas actualisé le « modèle d'alerte ».
« Cela seul aurait dû ébranler les fondements de Tsahal. », estime la commission Turgeman.
Le rapport précise également que les responsables du secteur Sud et de la division de Gaza n'ont apporté aucune modification aux concepts de défense ni à la préparation face à cette menace après réception du plan : « Le document comprenait déjà à l'époque un recensement des points faibles des forces de Tsahal dans la zone frontalière, leur déploiement, la coordination entre les forces du Hamas devant infiltrer simultanément, et bien d'autres éléments. »
Quatre ans après ce « renseignement en or », une version plus complète est arrivée sous le nom de « Muraille de Jéricho ».
Le commandant de la division a tenu des réunions d'urgence et défini une série de changements sur le terrain. L'officier du renseignement de la division a présenté le plan au chef du renseignement militaire et à plusieurs hauts responsables.
Le général a exigé de recevoir le tableau complet de la situation, mais le colonel L., alors proche de la fin de son mandat, n'a pas émis d'alerte.
Malgré cela, l'enquête de Tsahal l'a blanchi, et le mois prochain, il obtiendra le grade de général de brigade et sera nommé chef du renseignement militaire.
Le rapport pointe la responsabilité de la sectionde collecte du renseignement du secteur Sud dirigée par le lieutenant-colonel lors de l'attaque du Hamas et qui a échoué de manière flagrante dans sa mission de suivi de l'activité des organisations terroristes dans la Bande de Gaza.
Malgré sa part de responsabilité, il a été nommé, quelques mois après le massacre, officier du renseignement de la division de Judée-Samarie.
Cette section incluait le département d'alerte. Cependant, suite à une décision du chef d'état-major Aviv Kohavi et du chef du renseignement du Commandement de l'époque, Amit Saar, il avait été décidé quelques années avant le massacre de transférer ce département à la division de Gaza – où les moyens sont beaucoup plus limités.
Au niveau du commandement supérieur, on a compris qu'il s'agissait d'une erreur malheureuse. Quelques mois avant le massacre, la décision de réintégrer ce département au renseignement du Commandement avait été prise, mais elle n'a pas pu être mise en œuvre avant le 7 octobre.