Trois ans après l'ouverture de l'enquête, l'Unité nationale d'enquêtes sur la fraude (Lahav 433) a bouclé son instruction et transmis le dossier d'un ancien grand rabbin d'Israël au parquet général pour décision. L'ancien grand rabbin d'Israël et ex-président du Conseil rabbinique, qui siège toujours comme juge au Grand Tribunal rabbinique, est soupçonné d'extorsion, menaces, corruption, fraude et abus de confiance.
Les éléments recueillis apportent des preuves tangibles renforçant les soupçons selon lesquels le rabbin suspecté aurait agi de concert avec deux autres rabbins pour tenter de faire chanter un juge rabbinique. Ce dernier était responsable des fonds de dotation au tribunal rabbinique de Tel Aviv et a dirigé pendant trois ans celui de Jérusalem.
L'enquête menée sous couverture contre les trois hommes fait craindre qu'ils aient abusé de leur position au sein des tribunaux rabbiniques et de leur influence pour servir leurs intérêts personnels en faisant pression sur le dayan.
Un litige autour d'un milliard de shekels
A l'époque des faits le Médiateur des juges a rejeté une plainte que le grand rabbin d'Israël de l'époque aurait déposée contre ce juge rabbinique, dans le but de faire nommer un autre magistrat pour traiter la question des dotations à Jérusalem.
Le médiateur, le juge à la retraite de la Cour suprême Uri Shoham, avait jugé parfaitement justifiées les décisions du dayan annulant la vente de deux importants fonds de dotation – le fonds du Comité général et le fonds Etz Chaim – dont la valeur des actifs dépasse le milliard de shekels. Ces fonds devaient être cédés pour un montant dérisoire à leurs propriétaires.
Dans sa décision, le juge Shoham s'était interrogé sur l'existence de personnalités influentes agissant dans l'ombre pour peser sur le grand rabbin d'Israël de l'époque et œuvrer à la destitution du juge rabbinique, qui avait bloqué cette transaction.