Face à la multiplication des drones de contrebande venus d'Égypte, Tsahal a réussi à réduire le phénomène de 50% ces deux dernières semaines. Le trafic est passé de quatre ou cinq passages réussis par jour à seulement un, selon les données du Commandement Sud. Mais cette victoire tactique s'accompagne d'une dissonance avec les déclarations du ministre de la Défense.
Il y a dix jours, Israel Katz annonçait avoir ordonné à Tsahal de déclarer une zone militaire fermée le long de la frontière égyptienne. Dans les faits, cette mesure n'a pas été appliquée et ne devrait pas l'être prochainement. L'armée explique qu'il s'agit d'un outil déjà utilisé de manière ciblée par les généraux du Commandement Sud lors d'alertes spécifiques, mais que l'approche privilégiée reste la libre circulation le long de la frontière.
De même, le ministre a ordonné que la contrebande soit qualifiée de "menace terroriste". Pourtant, les règles d'engagement diffèrent radicalement : alors qu'un commando terroriste peut être éliminé à vue, les contrebandiers, même armés, ne peuvent être visés qu'après application d'une procédure d'arrestation stricte.
Des drones géants chargés d'armes
Le phénomène a éclaté au grand jour il y a un mois, lorsque des habitants du Néguev ont filmé des drones géants, certains ressemblant à des hélicoptères, survolant leurs localités chargés d'armes ou de drogue. Ces appareils, capables de transporter jusqu'à 80 kg ont profité de la concentration des efforts israéliens sur Gaza et le Liban ces deux dernières années pour introduire des milliers d'armes dans le pays.
Les armes proviennent de pays d'Afrique du Nord et du bassin méditerranéen : copies chinoises de mitrailleuses MG, fusils M16 et M4, des milliers de pistolets et de munitions. Elles ont atteint des criminels en Israël, mais aussi en Judée-Samarie, faisant craindre qu'elles ne tombent entre les mains de terroristes.