Un témoin central dans le vaste scandale de corruption qui secoue la Histadrout, la principale centrale syndicale israélienne, a mis fin à ses jours dimanche. L'homme, qui avait livré son témoignage à l'unité anti-corruption Lahav 433 sans être placé en garde à vue était responsable de la supervision des travaux de construction de la résidence du président de la Histadrout, Arnon Bar-David, et de son épouse Hila.
L'affaire, baptisée "Yad Lo'hetset Yad" ("Une main en serre une autre"), a éclaté il y a exactement deux semaines et a été qualifiée par la police comme "l'une des plus importantes affaires de corruption publique jamais enquêtées en Israël". L'ampleur du scandale est considérable : plus de 260 personnes ont déjà été interrogées ou ont témoigné auprès des autorités. Parmi elles figurent 35 suspects, dont des hauts responsables de la Histadrout, ainsi que des fonctionnaires municipaux et des employés d'organismes publics majeurs à travers le pays.
Au cœur de cette affaire se trouvent deux personnages principaux : Arnon Bar-David, président de la Histadrout, et Ezra Gabay, agent d'assurance. Leurs familles sont également impliquées : l'épouse du dirigeant syndical et le fils de l'agent d'assurance ont été arrêtés, soupçonnés de participation active à ce réseau de corruption d'envergure.
La semaine dernière, un tournant décisif s'est produit lorsque le président de la Histadrout a admis avoir reçu de l'argent de Gabay, après qu'un enregistrement compromettant lui ait été présenté durant son interrogatoire. Selon les soupçons, Bar-David et son épouse auraient bénéficié d'avantages substantiels de la part de l'agent d'assurance : espèces, billets d'avion et repas dans des restaurants de luxe. En contrepartie, ils auraient œuvré pour permettre à Gabay d'assurer des milliers d'employés via son agence "Gabay Sokhnut Lebituah".