Un événement "culturel" prévu à Alep a déclenché, en quelques heures, une tempête politique entre propagande, pression publique et rétropédalage embarrassé. L’invitation, diffusée sur les réseaux sociaux, arborait le logo officiel du ministère syrien de la Culture : cérémonie sponsorisée par l’État, participation d’une « troupe palestinienne », date fixée au vendredi et message limpide — en Syrie, certains entendaient célébrer l’attaque du 7 octobre et adopter ouvertement le narratif du Hamas.
Jeudi soir, le chercheur israélien Eddy Cohen publie alors sur son compte X -943 000 abonnés- un ultimatum frontal au président syrien Ahmad Hussein al-Sharaa et à son gouvernement : « Vous avez jusqu’à demain midi pour annuler cet événement et présenter des excuses immédiates aux victimes israéliennes et palestiniennes. Nous exigeons le limogeage du ministre de la Culture, votre terroriste issu des Frères musulmans, Mohammad Yassin Saleh. »
Dans un second message, plus mordant encore, il avait ajouté :« La Syrie est une terre de civilisation, pas un terreau pour des terroristes minables. Annulez, excusez-vous et renvoyez cet idiot. »
Quelques heures plus tard : volte-face totale. Les organisateurs annoncent sur Facebook que l’événement est « reporté jusqu’à nouvel ordre » en raison… « des contraintes de travail du Théâtre national d’Alep ». Une justification diplomatique qui ne trompe personne, d’autant que l’annonce survient à peine quelques heures après la diffusion de l’affiche officielle. Face au tollé, les services culturels d’Alep jouent la carte de la dénégation : l’affiche, assurent-ils, aurait été « publiée sans les autorisations nécessaires » et retirée « moins de deux heures après ». Le report serait uniquement « administratif » et nullement lié à une quelconque pression ou menace.