Les Etats-Unis travaillent depuis de longues semaines sur une proposition de résolution au conseil de sécurité de l'ONU qui réglerait la question de la force internationale chargée du maintien de la paix dans la Bande de Gaza.
Un obstacle inattendu a surgi cette nuit (jeudi à vendredi) puisque la Russie a décidé de présenter sa propre proposition, jugée « mauvaise » par Israël. Moscou a ainsi coupé l’herbe sous le pied à l’initiative américaine, qui avait obtenu l’aval de plusieurs pays arabes et devait être soumise au vote ce vendredi — ce qui n’aura finalement pas lieu. Le texte russe, qui ne devrait pas être adopté, retardera toutefois le processus.
La proposition russe ne mentionne pas le « Conseil pour la paix » de Trump. Elle affirme notamment que « la situation dans les territoires palestiniens occupés constitue une menace pour la paix régionale », réitère l’obligation de respecter le droit international, appelle le secrétaire général de l’ONU à étudier la mise en place d'une force internationale de stabilisation à Gaza, exige un accès humanitaire sans entrave, refuse tout changement démographique ou territorial dans la Bande de Gaza et réaffirme l’objectif de la solution à deux États, ainsi que l’importance de la continuité territoriale entre Gaza et la Judée-Samarie sous l’Autorité palestinienne.
La Russie a justifié son texte en affirmant qu’elle s’opposait à la version américaine et souhaitait « offrir au Conseil de sécurité une approche équilibrée, acceptable et unifiée pour parvenir à une cessation durable des hostilités ».
Le porte-parole de la mission américaine auprès de l’ONU a réagi en dénonçant « une tentative de semer la discorde au moment où les négociations sur un accord sont sur le point d’aboutir ». Selon lui, un tel blocage aurait « de graves conséquences pour les Palestiniens de Gaza » et pourrait être évité.