Les élections à venir ne devraient pas bouleverser la continuité du pouvoir : Abdel Fattah al-Sissi reste l’homme fort de l’Égypte, soutenu par l’armée et un Parlement largement acquis à sa cause. Le scrutin, organisé au suffrage universel direct, permettra aux citoyens de voter, mais dans un cadre politique très verrouillé où l’opposition reste marginalisée. Depuis son arrivée au pouvoir en 2014, Sissi a consolidé son autorité à travers des élections formellement démocratiques, mais sans réelle alternance.
L’enjeu dépasse cependant la seule reconduction d’un président : il concerne la place de l’Égypte dans l’équilibre régional, alors que la guerre à Gaza, la tension au Sinaï et la situation humanitaire dans la bande frontalière de Rafah dominent les débats.
Depuis plusieurs mois, la rhétorique officielle égyptienne s’est durcie. Les médias proches du pouvoir dénoncent une « crise humanitaire provoquée par Israël », et certains candidats populistes exploitent la cause palestinienne pour rallier les électeurs. Cette surenchère verbale, classique en période électorale, pourrait pousser Le Caire à afficher une ligne plus ferme à court terme, sans remettre en cause la coopération stratégique avec Jérusalem.