Le Service public de l'emploi israélien a publié ce dimanche un rapport exhaustif sur la situation des jeunes sur le marché du travail, révélant une baisse continue et préoccupante de leur taux de participation à la population active.
Le document souligne que ce recul est particulièrement marqué chez les hommes de 20 à 29 ans – une tranche d'âge qui affichait traditionnellement des taux d'emploi élevés.
Selon les données, le taux de chômage officiel des jeunes en Israël reste relativement faible comparé aux pays occidentaux : seulement 5,2%, contre 10% aux États-Unis et 11,1% en moyenne dans les pays de l'OCDE. Toutefois, ce chiffre est trompeur : de nombreux jeunes ne sont tout simplement pas comptabilisés dans la population active, car ils ne travaillent pas et ne recherchent pas d'emploi – beaucoup étant en études universitaires. Conséquence : n'ayant pas droit aux allocations chômage, ils n'apparaissent pas dans les statistiques.
Les chercheurs notent que la baisse des taux d'emploi chez les jeunes constitue un phénomène mondial, lié au "vieillissement de la population active" et au relèvement de l'âge de la retraite dans de nombreux pays. Néanmoins, en Israël, ce déclin est particulièrement prononcé, et l'écart entre les taux d'emploi des jeunes israéliens et ceux de leurs homologues des pays de l'OCDE et des États-Unis ne cesse de se creuser. Parallèlement, les taux d'emploi des 55 ans et plus continuent d'augmenter en Israël, notamment en raison de la pénurie de travailleurs jeunes.
La baisse du taux de participation concerne presque exclusivement les jeunes hommes, tandis que celui des femmes est resté stable, voire a légèrement progressé – principalement grâce à l'augmentation de la participation des jeunes femmes arabes. Résultat : l'écart entre les sexes s'est pratiquement résorbé. En 2014, le taux de participation s'établissait à 80% pour les hommes et 68% pour les femmes ; en 2025, il est à environ 68% pour les hommes comme pour les femmes.
L'une des conclusions les plus frappantes du rapport concerne la hausse du nombre de "découragés" – ces jeunes qui ont cessé de travailler et ne recherchent plus d'emploi. Ce phénomène est plusieurs fois plus fréquent chez les jeunes que chez les adultes, et particulièrement marqué chez les jeunes hommes et au sein de la population arabe, où le taux de découragement est deux à trois fois supérieur à celui des jeunes juifs.