Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré vendredi matin avoir donné instruction à Tsahal de porter l’effort militaire contre le Hamas « jusqu’au dernier tunnel ». « J’ai instruit l’armée de démolir et de détruire chaque tunnel terroriste à Gaza. S’il n’y a plus de tunnels, il n’y a plus de Hamas », a affirmé Katz, résumant la nouvelle priorité stratégique du gouvernement.
Selon le ministre, une part importante du réseau souterrain resterait encore opérationnelle — Katz évoque une estimation d’environ 60 % de tunnels « intacts » — et leur neutralisation est, à ses yeux, la condition d’une démilitarisation durable de la bande de Gaza. D’après lui, la phase visant au retour des otages cède désormais la place à une campagne systématique contre les infrastructures souterraines qui permettent au Hamas de se déplacer, stocker des armes et planifier des attaques.
Sur le terrain, Tsahal a intensifié ces dernières semaines les opérations de localisation et de destruction des galeries souterraines, combinant renseignement, frappes ciblées et manœuvres terrestres pour atteindre des complexes creusés souvent sous des quartiers densément peuplés. Les tunnels sont décrits par l’armée comme le nerf logistique et tactique du mouvement armé : s’attaquer à eux, c’est couper l’ossature de sa capacité offensive, expliquent les responsables militaires cités par la presse.
Cette stratégie soulève toutefois des interrogations lourdes. Les opérations contre des infrastructures enfouies sous des zones civiles comportent un risque élevé de dommages collatéraux et de pertes civiles importantes, pointent des experts et des organisations humanitaires. La destruction systématique des tunnels pourrait aggraver la crise humanitaire déjà dramatique dans la bande de Gaza et complexifier l’acheminement d’aide et la protection des civils.