La police a mené lundi matin des perquisitions simultanées dans les bureaux de la Histadrout et aux domiciles de plusieurs hauts responsables, dans le cadre d'une affaire de corruption qualifiée de "séisme en matière de corruption publique". Arnon Bar-David, secrétaire général de la centrale syndicale, et son épouse ont été placés en garde à vue, tout comme un courtier en assurances de premier plan qui apparaît rapidement au cœur des événements, ainsi qu'une trentaine d'autres personnes impliquées – parmi lesquelles des maires, des figures éminentes de la Histadrout et des avocats.
L'enquête, conduite pendant deux ans par l'unité des fraudes du Lahav 433, met au jour un système de corruption présumé particulièrement élaboré : le courtier en assurances, qui aurait bénéficié du soutien inconditionnel du secrétaire général de la Histadrout, aurait fourni des nominations de directeurs dans diverses entités publiques en échange du transfert d'employés vers son agence d'assurance et de l'attribution de postes rémunérés par la Histadrout à des responsables syndicaux – des opérations qui auraient généré pour ses compagnies d'assurance une augmentation de revenus de plusieurs dizaines de millions de shekels annuellement.
L'unité des fraudes du Lahav 433 a mené son enquête de manière confidentielle durant deux ans. L'axe central de l'affaire concerne le courtier en assurances suspecté, propriétaire d'une importante agence, qui aurait œuvré auprès de différents centres de pouvoir : d'une part par le biais d'une relation directe et privilégiée avec le secrétaire général de la Histadrout Arnon Bar-David et d'autres cadres de l'organisation, d'autre part grâce à des liens étroits avec des municipalités à travers le pays.
Le courtier est soupçonné d'avoir élargi son portefeuille client et fait en sorte que son agence promeuve les comités d'entreprise dans les collectivités locales de tout le pays – impliquant des dizaines de municipalités et d'entreprises publiques. En contrepartie, les responsables syndicaux auraient bénéficié des relations du suspect et de sa capacité à nommer des directeurs dans diverses instances.
Grâce à ses relations avec le secrétaire général de la Histadrout et d'autres personnalités, il aurait exercé un contrôle et eu la capacité de nommer des administrateurs dans diverses institutions – établissements financiers, entreprises municipales et collectivités elles-mêmes.