Dans les médias ultra-orthodoxes, le ton était unanime ce matin, toutes les unes portaient le titre « Aujourd’hui, notre cri sera entendu ». Les trains vers Jérusalem ont été pris d’assaut dès le matin, bondés jusqu’à saturation. Les quais de la gare Yitzhak Navon débordaient d’une foule compacte, et la police a finalement décidé de libérer l’accès aux quais pour éviter les bousculades. Seuls les bus affrétés spécialement pour l’événement ont été autorisés à entrer dans la ville.

Selon la police, 200 000 manifestants se sont massés aux abords de l’entrée de Jérusalem, certains marchant sur la chaussée en scandant « Maudits sionistes ». Plusieurs ont brandi des pancartes assimilant Israël à un régime totalitaire : « Israël, c’est Staline ». Les tensions ont culminé lorsqu’un groupe de protestataires a attaqué une journaliste de la chaîne Keshet 12, lui lançant pierres, bouteilles et bâtons. D’autres ont déchiré une banderole « Tout le peuple est Tsahal », symbole de solidarité avec les soldats. Des dizaines de jeunes sont montés sur des toits et des grues, tandis que d’autres ont étendu des châles de prière portant l’inscription « Mieux vaut mourir pour notre foi ».

En parallèle, une contre-manifestation de réservistes s’est tenue à proximité. Brandissant une pancarte en mémoire des 921 soldats tombés dans la guerre, ils ont dénoncé « une manifestation d’évasion et de mépris envers ceux qui combattent ».