Les partis ultra-orthodoxes se préparent à une démonstration de force jeudi, avec une gigantesque « manifestation du million » prévue à l’entrée de Jérusalem. Cette mobilisation intervient alors que la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset doit examiner le projet de loi sur la conscription des étudiants des yeshivot.
Ce matin, lundi, un premier rassemblement a eu lieu devant la prison militaire n°10, pour protester contre l’arrestation de jeunes déserteurs. Des enfants issus des institutions de la yeshiva Ateret Shlomo participaient à la manifestation, arborant des ballons et des pancartes reprenant les symboles jaunes du mouvement pour le retour des otages. Une initiative qui a provoqué la colère du Forum des familles d’otages, dénonçant un « usage cynique et offensant » de ces emblèmes de douleur nationale.
Dans la presse ultra-orthodoxe, les unes appellent à descendre « comme un seul homme » contre la « persécution des étudiants en Torah ».
Mais au sein du monde haredi, la division n’est pas absente : le courant de Jérusalem a annoncé son refus de participer à l’événement, estimant que la manifestation « ne comportera aucune véritable protestation contre les autorités ».
Côté politique, plusieurs figures du Likoud, dont le ministre Shlomo Karhi et le député Avihai Boaron, ont déclaré envisager de rejoindre les manifestants :« Je suis avec nos frères haredim », a déclaré Karhi. Une position qui a provoqué de vives critiques à droite comme à gauche.
L’ex-ministre de la Défense Yoav Gallant et leader du parti Bleu/Blanc a fustigé « une manifestation contre l’État d’Israël », et Yair Lapid, chef de l'opposition, a accusé le Likoud d’avoir « cessé d’être un parti national pour devenir une succursale des ultra-orthodoxes et de Ben Gvir ».