Le 7 octobre 2023 au matin, la patrouille de reconnaissance de la brigade blindée 401 – surnommée « Ahslap » – est appelée en urgence. Réunis de tout le pays, les réservistes montent dans quatre véhicules Hummer et foncent vers le sud, ignorant encore qu’ils vont affronter l’une des journées les plus terribles de l’histoire d’Israël.
« À 7h30, on nous a ordonné de rejoindre le kibboutz Gvulot. Le chef de la sécurité locale nous a dit que nous étions les premiers soldats à arriver », raconte le lieutenant-colonel (réserviste) Sh., alors commandant adjoint de la brigade. « Nous avons aidé la force d’alerte du kibboutz, puis continué sur la route 232 pour chercher des terroristes et secourir les blessés. »
Les images d’horreur se gravent à jamais dans leurs mémoires. « On s’est arrêtés près de voitures criblées de balles, avec des corps autour. En même temps, on recevait les noms de nos camarades tombés, comme le colonel Yehonatan Steinberg, commandant du Nahal, et le colonel Ro’i Levy », se souvient Sh. La guerre venait à peine de commencer.
À Sderot, le sergent-major (réserviste) M. comprend que quelque chose d’inédit se déroule. « Quand le char du commandant de brigade a ouvert le feu sur le poste de police de la ville, c’était surréaliste. Tu tires sur un bâtiment de la police israélienne, entre des immeubles d’habitation, pendant que des civils te regardent avec effroi. »
Après les premières heures d’affrontements, les soldats d’Ahslap organisent les zones de rassemblement de la brigade 401. « Les champs n’étaient pas encore sécurisés. On a dû dégager les routes, croisant des ouvriers agricoles massacrés. » Puis, la guerre s’installe dans la durée.