Dans la parasha Noah de cette semaine, le rabbin Eliezer Simcha Weisz revient sur l’étymologie et l’emploi biblique du mot hébreu « ḥamas » (חָמָס) — généralement traduit par « violence » ou « brutalité » — et interroge ce que ce terme implique lorsqu’on le retrouve, aujourd’hui, dans le nom du mouvement islamiste Hamas.
Le rabbin rappelle que le mot apparaît dès la Genèse pour décrire une société corrompue et violente, et qu’il est ensuite employé à plusieurs reprises dans les Psaumes pour qualifier l’homme de violence que la tradition condamne. Plutôt que d’insister sur la dimension religieuse du texte, son propos met l’accent sur la portée morale du terme : ḥamas désigne une attitude où la brutalité devient un instrument légitime pour atteindre des fins politiques ou idéologiques.
Weisz rapproche ensuite cette définition de la doctrine officielle de l’organisation fondée en 1987–1988. Le Hamas, dans sa charte initiale, affirme la primauté du « jihad » et rejette les solutions politiques et diplomatiques comme voies valables pour résoudre le conflit. Pour le rabbin, cette convergence — entre un nom qui renvoie à la violence et une rhétorique qui glorifie la lutte armée — donne un sens supplémentaire à l’avertissement biblique : face à des acteurs qui font de la violence une fin en soi, la prudence et la lucidité sont nécessaires.