Né en 1984 à Middletown, au cœur de la ceinture industrielle du Midwest, James David Vance grandit dans une famille modeste marquée par la violence et la précarité. Ancien Marine passé par la guerre d’Irak, il trouve dans l’écriture une forme de salut. Son livre Hillbilly Elegy, publié en 2016, devient un best-seller mondial et un manifeste involontaire du « Trumpisme », en donnant une voix aux oubliés de l’Amérique ouvrière. Diplômé de Yale, avocat à San Francisco, puis investisseur dans la Silicon Valley, il revient en 2022 dans son Ohio natal pour briguer un siège au Sénat, qu’il remporte brillamment. Trois ans plus tard, il devient le plus jeune vice-président américain depuis Al Gore.
Issu d’une famille évangélique, Vance s’est longtemps défini comme un chrétien en quête, ne se reconnaissant dans aucune Église particulière. En 2019, après un cheminement personnel marqué par la lecture des Pères de l’Église et l’influence de sa femme Usha, il embrasse le catholicisme. Il y voit une force d’unité spirituelle et culturelle face à une Amérique fragmentée. Chrétien convaincu et catholique pratiquant, il prône un retour à la morale, à la famille et à la dignité du travail, qu’il considère comme les piliers d’une nation forte.
Moins impulsif que Donald Trump mais tout aussi combatif, Vance incarne la nouvelle génération du conservatisme américain : nationaliste, populiste et socialement conservateur. Son credo : défendre la classe ouvrière contre les élites économiques et culturelles, tout en préservant les valeurs traditionnelles. « Je ne crois pas à une Amérique post-chrétienne, je crois à une Amérique qui se souvient de ce qu’elle est », répète-t-il souvent.
Pour sa première visite en Israël, J.D. Vance s’est rendu à Yad Vashem, a rencontré Benjamin Netanyahu et déclaré que « le lien entre nos deux nations n’est pas circonstanciel, il est moral et historique ». Pragmatique, il soutient le droit d’Israël à se défendre « par tous les moyens nécessaires », mais plaide pour une stratégie régionale coordonnée impliquant les pays arabes sunnites dans la stabilisation de Gaza. « America First, mais Israël jamais seul », résume un proche conseiller à la Maison-Blanche.