L'accord conclu mercredi soir entre Israël et le Hamas marque une victoire diplomatique incontestable avec le retour des otages, mais impose à l'État hébreu des compromis majeurs sur le plan sécuritaire et humanitaire. Analyse des gains et des renoncements israéliens.
Les victoires israéliennes : otages et pression régionale
Le premier gain d'Israël est évidemment le retour imminent des derniers otages encore à Gaza. Dans les 72 heures suivant l'approbation gouvernementale de la libération des prisonniers palestiniens, les 20 personnes encore en vie devraient être restituées. Selon les estimations, cette libération pourrait débuter dès samedi ou dimanche et s'achever lundi au plus tard.
Dans un second temps est prévue la restitution de 28 dépouilles d'Israéliens décédés, même si neuf corps sont considérés comme introuvables. Tsahal et les services de défense estiment que certaines dépouilles seront restituées par étapes, en fonction de l'avancement des négociations.
Sur le plan politique, Israël a obtenu un résultat crucial : empêcher la libération des quatre "as" du Hamas – Marwan Barghouti, Ahmed Saadat, Hassan Salameh et Abbas a-Sayed. L'accord exclut également les terroristes de Nukhba, qui ont participé à l'invasion d'Israël le 7 octobre.
Mais c'est peut-être sur le plan stratégique que la victoire israélienne se révèle la plus significative. L'establishment politique souligne que l'un des gains majeurs réside dans la pression arabo-musulmane exercée sur le Hamas, qui peut fournir des garanties internationales pour la mise en œuvre de l'accord. À long terme, cette pression devrait "ouvrir la voie à l'éviction de l'organisation du pouvoir et au désarmement", estiment des sources politiques.
Les concessions : retrait territorial et libération massive de terroristes
En contrepartie, Israël a dû accepter des compromises substantiels douloureux. Sur le plan sécuritaire, l'État ne contrôlera plus qu'environ 53% de la bande de Gaza après la libération des otages – un retrait partiel de la première ligne de combat sur lequel Israël avait pourtant insisté ces dernières semaines.