Malgré l’embargo décrété sur les exportations d’armes, le chancelier allemand Friedrich Merz et le premier ministre Benyamin Netanyahou se sont entretenus dimanche soir. Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre la pression sur le Hamas afin d’obtenir la libération de tous les otages. Selon un communiqué du bureau du Premier ministre israélien, Netanyahu a remercié le chancelier Merz pour le soutien de l’Allemagne à Israël et a déclaré : « Nous continuerons à agir avec détermination jusqu’à atteindre tous les objectifs de la guerre, y compris le retour de nos otages et la garantie de la sécurité d’Israël. » Un dialogue diplomatique qui contraste avec la fermeté affichée par Berlin ces dernières semaines. Début août, Friedrich Merz avait en effet annoncé que l’Allemagne ne délivrerait plus de licences d’exportation pour des armes « susceptibles d’être utilisées à Gaza ». Une formulation prudente, qui laissait entendre que certains composants ou systèmes non directement liés aux combats pouvaient encore être autorisés. Mais selon une enquête publiée fin septembre par Politico, le ministère allemand de l’Économie a confirmé, en réponse à une question parlementaire du député Ulrich Thüden, que du 8 août au 12 septembre, aucune licence d’exportation, quelle qu’elle soit, n’avait été accordée.
Ce durcissement intervient sur fond de pressions judiciaires inédites : un groupe d’avocats allemands a déposé une plainte pénale contre le chancelier Merz et plusieurs ministres actuels et anciens, les accusant d’avoir soutenu ou facilité un « génocide à Gaza ». La plainte vise sept hauts responsables, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères Johann Vadpohl et le ministre de la Défense Boris Pistorius, membres du Conseil fédéral de sécurité, accusés d’avoir approuvé des exportations d’armes vers Israël malgré les avertissements d’organisations internationales concernant de possibles crimes de guerre ou actes de nettoyage ethnique.