Pour la première fois depuis le début de la guerre à Gaza, Washington a mis sur la table un plan complet en 21 points dont l'objectif est d'obtenir la libération des otages et mettre fin aux combats. La grande nouveauté : ce projet a été élaboré avec le soutien actif du Qatar et de la Turquie, deux pays considérés comme les parrains politiques du Hamas. Selon les initiateurs du plan, si Doha et Ankara donnent leur feu vert – et apparemment ils l’ont déjà fait –, le Hamas sera contraint d’accepter, au risque sinon de s’aliéner ses propres alliés.
Au-delà de la fin des combats et de la libération des otages, le plan esquisse une vision plus large : un Gaza débarrassé du Hamas, placé sous une administration de transition soutenue par des puissances arabes, avec des garanties sécuritaires pour Israël et un désarmement progressif des groupes armés.
Le texte, marqué par la signature de Jared Kushner, intègre aussi plusieurs pays arabes modérés, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte. Leur participation n’est pas seulement symbolique : elle ouvre la porte à une reconfiguration stratégique majeure dans la région. La perspective de l'implication saoudienne change la donne diplomatique. Riyad a jusqu’ici conditionné toute normalisation avec Israël à des avancées significatives sur la question palestinienne. Un cessez-le-feu durable à Gaza, accompagné d’un rôle accru de l’Autorité palestinienne, pourrait constituer le levier attendu pour franchir ce cap historique.
Pour Israël, il s’agirait non seulement de tourner la page d’un conflit interminable à Gaza, mais aussi d’ouvrir la voie à un accord stratégique avec la puissance sunnite la plus influente du monde arabe – un objectif que l’administration américaine poursuit depuis des années.