Tsahal a frappé à plusieurs reprises des cibles houthis au Yémen, principalement à Sanaa et au port de Hodeïda, contrôlés par les rebelles. Les Houthis, de leur côté, poursuivent leurs tirs de missiles et de drones vers Israël, le dernier ayant frappé hier la ville d’Eilat et fait 22 blessés.
Dans ce contexte, Idriss al-Zoubaïdi, président du Conseil du Sud yéménite, place Israël au cœur de sa vision pour l’indépendance du Sud. Dans un entretien avec The National, il affirme que la proclamation d’un État indépendant permettra l’établissement de relations officielles avec Jérusalem et que l’adhésion aux accords d’Abraham deviendra un pilier pour la stabilité régionale après la guerre à Gaza.
Al-Zoubaïdi, également vice-président du Conseil présidentiel yéménite, explique que toutes les conditions pour la création d’un État du Sud sont réunies et qu’une séparation d’avec le Nord permettra au Sud de définir sa politique étrangère de manière autonome, y compris la possibilité d’adhérer aux accords d’Abraham : « Avant les événements à Gaza, nous progressions vers ces accords. Si Gaza et la Palestine retrouvent leurs droits, ces accords seront essentiels pour la stabilité régionale. Avec un État du Sud, nous prendrons nos décisions nous-mêmes et je suis convaincu que nous en ferons partie. »
Le Sud yéménite pourrait ainsi devenir un allié stratégique pour Israël : contrôle des ports, des raffineries et des voies maritimes du détroit de Bab el-Mandeb, frein à l’influence iranienne dans la région, renforcement de la sécurité maritime en mer Rouge et tampon face aux groupes terroristes internationaux.
Le Yémen demeure officiellement unifié aux yeux de la communauté internationale, mais le pays est de facto divisé entre Nord et Sud. Entre 1967 et 1990, il existait deux États distincts : la République arabe du Nord et la République démocratique populaire du Sud. En 1990, les deux entités ont été réunies, mais en 2014 les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa, entraînant une guerre civile qui a déplacé plus de 4,5 millions de personnes. Un cessez-le-feu a été conclu en 2022, mais les tensions persistent.
