Ce lundi, le comité des familles pour le retour des otages a adressé une demande de rencontre urgente au chef d’état-major, le général Eyal Zamir, alors que le lancement de l’opération « Merkavot Gideon B » est imminent. Cette initiative fait suite aux déclarations de Zamir, en fin de semaine dernière, devant la commission parlementaire restreinte sur le renseignement. Le général avait alerté sur les risques pesant à la fois sur les soldats et les otages, tout en soulignant l’incertitude entourant « le jour d’après » : « Le Premier ministre ne nous indique pas l’étape suivante, nous ne savons pas à quoi nous préparer. » Il avait également mis en avant les conséquences graves de la stratégie adoptée pour Gaza, allant du déficit de légitimité internationale aux pertes potentielles de vies parmi les prisonniers, tout en précisant que Tsahal continuerait à exécuter les ordres du gouvernement.
Dans leur lettre, les familles ont exprimé leur inquiétude pour le sort de leurs proches et averti que l’opération pourrait entraîner la mort d’otages encore vivants ou la disparition des restes des victimes : « Nous exigeons que le sort de nos proches ne soit pas laissé à l’abandon ! Tsahal doit présenter au public et aux familles une politique claire : plus d’otages vivants assassinés en captivité sous pression militaire, plus de corps disparus sous les décombres sans possibilité de les récupérer pour un enterrement digne », écrivent-elles.
Selon les informations du renseignement de Tsahal citées dans la lettre, les otages encore vivants à Gaza seraient utilisés comme boucliers humains face à l’avancée de Tsahal dans la ville et aux bombardements prévus. Les otages décédés, eux, courraient un risque de disparaître définitivement. Les familles soulignent que le lancement de Merkavot Gidon B accentue ces risques et met en danger les soldats en service actif et de réserve, parfois inutilement.