Dans une tribune, en date du 10 septembre 2025, publiée sur le site de Fox News, le chef de l'opposition israélienne se lance dans une critique sévère de l'ONU et appelle à sa refondation totale.
''En 2021, durant mon mandat de ministre des Affaires étrangères d'Israël, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une série de résolutions hostiles à Israël. L'année suivante, devenu Premier ministre, j'assistai à l'adoption d'une nouvelle salve de résolutions du même acabit'', commence Lapid.
Et il ajoute: ''Ces votes ne suscitèrent aucune émotion particulière. Nul collaborateur ne fit irruption dans mon bureau, brandissant des documents avec affolement. Nous ne nous sommes pas rassemblés devant nos écrans, les mains moites, dans l'attente fébrile du scrutin. L'ambassadeur d'Israël auprès des Nations Unies ne m'appela pas, la voix brisée, pour confesser son sentiment d'échec. Que l'ONU se réunisse pour voter contre Israël relève de la même banalité que la pluie londonienne : c'est dans sa nature. Les délégués se rassemblent, reprennent les mêmes discours que l'année précédente, votent à l'identique, puis se retrouvent pour dîner chez Wolfgang's sur Park Avenue''.
Puis Yaïr Lapid dénonce le dévoiement de l'organisation et son hypocrisie:'' L'idée des Nations Unies procédait initialement du souhait des nations démocratiques de promouvoir les valeurs libérales et les droits fondamentaux. Elle s'enracinait dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'article 21 stipule que l'organisation œuvrera au développement de la démocratie mondiale, garantissant partout « des élections périodiques et honnêtes... assurant la libre expression de la volonté populaire ». Il n'y manque que cinq mots cruciaux : « À défaut, l'admission sera refusée ».
Un mélange de culpabilité post-coloniale et de négligence idéologique conduisit l'ONU à accueillir toujours davantage d'États non démocratiques. Selon l'Economist Intelligence Unit, sur les 193 membres de l'Organisation, seuls 25 constituent des « démocraties accomplies », auxquels s'ajoutent 46 « démocraties défaillantes ». Autrement dit, lors de chaque scrutin, pour chaque budget, dans chaque résolution, les régimes non démocratiques détiennent mécaniquement la majorité. Et ils en usent sans le moindre scrupule.
C'est ainsi que l'Iran siégea à la Commission de la condition féminine en 2022, tandis qu'était assassinée Mahsa Amini. La Syrie présida la Conférence sur le désarmement en 2018 tout en gazant sa population. La Corée du Nord dirigea cette même conférence en 2022 en exhibant ses armes nucléaires et bombardant le Japon avec des missiles balistiques. La Chine occupe actuellement un siège au Conseil des droits de l'homme — sans doute en raison de son attachement indéfectible à ces principes'', ironise Lapid.
Puis il en vient à l'obsession anti-israélienne de l'institution: ''Et nous n'avons pas encore évoqué l'acharnement obsessionnel — le terme n'est pas trop fort — de l'ONU contre Israël. Je ne prétends nullement qu'Israël soit exempt de défauts ou d'erreurs. Je désapprouve d'ailleurs la plupart des actions du gouvernement actuel, particulièrement à Gaza (tout en ayant soutenu les frappes en Iran et l'opération contre le Hezbollah au Liban). Néanmoins, le traitement réservé à Israël par l'ONU s'apparente à un délire diplomatique. Israël représente 0,1 % de la population mondiale, mais concentre plus de 60 % des résolutions critiques adoptées par l'ONU cette dernière décennie.