L'activisme de la France pour la reconnaissance d'un Etat de Palestine contribue-t-il à alimenter l'antisémitisme qui déferle aujourd'hui en France et en Europe ?
C'est la question posée et qui provoque un débat houleux entre dirigeants israéliens et français auquel participent un ambassadeur américain à Paris et même un Grand Rabbin de France.
Alors quelle est la réponse ?
Pour tenter d'y répondre je vais partager avec vous une réflexion que je me suis faite lors de mon dernier passage à Paris au début de l'été. Mes pas m'ont conduit, un peu par hasard, à la rue Daru dans le 17ème arrondissement où je suis passé devant ce qu'on appelle l'Eglise russe qui est en fait la Cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris.
Une église qui relève du Patriarcat orthodoxe russe qui a son siège à Moscou et qui sert de siège à l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale.
Bref, en plein cœur de la capitale française, un symbole politique et religieux, de l'Etat russe en proie lui aussi à une guerre controversée.
Cependant, pas une barrière pour éloigner les passants. Pas un policier pour garder l'édifice. Tout est calme et paisible.
Poutine est accusé de crimes de guerre, la Russie a envahi et agressé l'Ukraine alliée de la France, la condamnation est unanime.
Cependant, personne ne pense s'en prendre à une Eglise russe ou à ses fidèles alors qu'elle est aussi l'emblème de la puissance russe à Paris. Sur ce même registre, combien, parmi les milliers d'étudiants russes qui vivent en France, ont été inquiétés, insultés ou agressés dans les universités françaises depuis février 2022 date de l'invasion de l'Ukraine ? Pas un seul !
Alors non pas que je veuille établir un quelconque parallèle entre Israël et la Russie, entre l'agression de l'Ukraine et la guerre de défense et de survie que nous menons depuis le 7 octobre, mais force est de constater qu'en France et ailleurs dans le monde, TOUTES les synagogues doivent être protégées et gardées alors qu'elles n'ont aucun lien, si ce n'est spirituel, avec l'Etat d'Israël.
Comment dès lors ne pas comprendre que l'indignation sélective tant exprimée vis-à-vis d'Israël, et force est de constater que sur ce registre, le Président Macron se distingue avec persistance et outrance, entraine de facto une condamnation collective de tout le peuple juif ?
Comment ne pas saisir que la cause palestinienne est aujourd'hui l'otage d'une large partie de la gauche occidentale et particulièrement française qui en a fait le levier d'un clientélisme aussi indécent que dangereux ? Et que c'est justement cette cause alimentée de slogans et de formules simplistes et rudimentaires qui entretiennent et attisent la flame de l'antisémitisme le plus primaire.
Alors oui, incontestablement la prudence s'impose dès lors que l'on approche la question palestinienne.
Une prudence qui aurait dû dicter au Président Macron de ne pas apparaître une fois encore comme le censeur et le contempteur systématique d'Israël et de son Premier ministre.