« Ils m’ont tirée par les cheveux, frappée au ventre, pointé leurs armes sur moi. Ils m’ont humiliée, touchée, jetée sur une moto et emmenée à Gaza, je n'ai pas eu le choix. » C’est d’une voix ferme qu’Ilana Gritzewsky, ex-otage du Hamas enlevée au kibboutz Nir Oz le 7 octobre, a raconté son calvaire devant les Nations unies.
Elle a décrit comment, pour être déplacée sans éveiller de soupçons, ses geôliers la forçaient à marcher main dans la main avec l’un d’eux, comme si elle était son épouse. « Je levais les mains et je suppliais qu’on ne me viole pas, qu’on ne me tue pas. La seule chose à laquelle je pensais, c’était ma famille. »
Durant son transfert, elle raconte avoir perdu connaissance après avoir subi des attouchements et des violences sexuelles. À son réveil, nue et entourée de ses ravisseurs, elle n’a échappé à de nouveaux sévices qu’en prétextant être indisposée. « Ils m’ont jeté un hijab », a-t-elle ajouté.
Ses interrogatoires, menés en pleine nuit, n’étaient pas l’œuvre de combattants en uniforme. « L’un était professeur de mathématiques, l’autre avocat », a-t-elle précisé, soulignant le cynisme d’hommes menant une vie ordinaire parallèlement à leur rôle de geôliers.
À plusieurs reprises, ses ravisseurs ont joué avec ses espoirs. On lui a fait croire qu’elle rentrerait chez elle, avant de la conduire dans un tunnel où d’autres otages étaient détenus. Elle n’a jamais pu revoir son compagnon, Matan Zangauker, toujours otage du Hamas.