Un rapport publié conjointement par B'nai B'rith International, l'organisation Democ et l'Union européenne des étudiants juifs (EUJS) dresse un constat alarmant : l'antisémitisme a considérablement augmenté dans les établissements d'enseignement supérieur européens depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Intitulé "Un climat de peur et d'exclusion : l'antisémitisme dans les universités européennes", ce document de référence recense une série d'incidents graves : menaces, agressions physiques, graffitis antisémites, négationnisme, appels à la destruction d'Israël et glorification d'organisations terroristes.
Loin d'être des incidents isolés, ces manifestations d'antisémitisme s'inscrivent selon les auteurs dans un "phénomène coordonné au niveau international", parfois orchestré par des groupes affiliés à des organisations terroristes comme le Front populaire de libération de la Palestine.
Le rapport documente des cas particulièrement graves dans plusieurs pays européens. En Autriche, un "camp d'intifada" appelant au soutien du Hamas a été érigé sur le campus viennois. La France n'est pas épargnée : des étudiants juifs ont subi des agressions physiques à Strasbourg, tandis que des graffitis menaçants et des croix gammées sont apparus sur les murs de l'université de Toulouse.
L'Allemagne fait face à des violences d'une brutalité particulière, avec le passage à tabac d'un étudiant israélien à l'université de Berlin. Au Royaume-Uni, rabbins et étudiants juifs reçoivent des menaces de mort en ligne, certains campements estudiantins exigeant même des déclarations de soutien à la "lutte armée".
Les Pays-Bas voient fleurir les comparaisons entre sionistes et nazis lors de manifestations, Amsterdam étant le théâtre d'appels à l'élimination d'Israël. En Espagne, des campements d'étudiants glorifient ouvertement le Hamas, tandis que certains professeurs propagent des distorsions de l'Holocauste.
Des responsables institutionnels pointés du doigt
Les dirigeants des organisations signataires du rapport pointent la responsabilité des autorités universitaires. Robert Spitzer et Daniel Mariashin, respectivement président et directeur général de B'nai B'rith International, accusent les universités européennes de "déguiser l'antisémitisme en activisme" et de ne pas parvenir à protéger les étudiants juifs.