L’armée égyptienne a considérablement renforcé sa présence sur la frontière orientale de Gaza, par crainte des conséquences humanitaires et militaires d’une opération israélienne à Gaza-ville. Les autorités égyptiennes estiment, en effet, qu’une opération militaire de Tsahal pourrait pousser près d’un million de Gazaouis vers le sud, en direction de la frontière égyptienne. « Ce scénario est perçu en Égypte comme une menace directe pour notre sécurité nationale, avec un lourd fardeau humanitaire et sécuritaire pour le Sinaï, et déplacerait la crise sur notre territoire », indique une source égyptienne qui affirme aussi que l’Égypte souhaite envoyer un message politique clair : elle rejette toute solution qui porterait atteinte à sa souveraineté ou à son territoire.
Tsahal a déjà entamé des préparatifs pour la conquête de la ville de Gaza, quatre brigades opèrent dans la périphérie et les quartiers adjacents. Ce matin, l'armée a frappé dans la région de Zeitoun.
Plusieurs milliers de réservistes devraient se présenter début septembre. Une à deux semaines plus tard, les forces devraient atteindre leur pleine capacité opérationnelle, laissant envisager le lancement de l’offensive à la mi-septembre. Toutefois, des désaccords subsistent sur le calendrier : le gouvernement souhaite accélérer le début de l’opération, tandis que Tsahal insiste sur la prudence et la responsabilité dans la planification, en prenant en compte plusieurs contraintes : la sécurité des otages, la protection des soldats, le déplacement de l’ensemble de la population de Gaza — environ un million de personnes — et le maintien de la légitimité internationale. Selon Tsahal, il ne s’agit pas de « gagner du temps », mais d’une préparation méthodique visant à assurer le succès de l’opération.