« Pompiers d’Israël, comment pouvons-nous vous aider ? » – « À Sderot, près de la bibliothèque… beaucoup de morts. Le Hamas est entré ici et tire sur tout le monde à la station de bus près de la bibliothèque. Vite, il y a des gens… beaucoup de gens meurent. Ils circulent dans leurs voitures et tirent. »
« Nous sommes coincés, tout le kibboutz brûle ! » – « Les enfants suffoquent, aidez-nous ! »
Ces appels glaçants, reçus dans les premières heures du 7 octobre, n’étaient ni de simples incendies ni des accidents. Ils provenaient de civils piégés dans les localités et communautés de la région frontalière de Gaza, ainsi que de participants au festival Nova. Tous suppliaient d’être sauvés dans leurs derniers instants. Les opérateurs ont tenté de rassurer, coordonner les secours et mobiliser les équipes, mais le chaos à l’extérieur dépassait toute capacité d’action. Les appels se coupaient brusquement : parfois par une rafale de tirs, parfois dans un silence pesant. Restait le bruit du feu, des pleurs et la certitude qu’il n’y avait aucun moyen d’aider.
Deux ans plus tard, ces souvenirs hantent encore les opérateurs, des jeunes âgés de 21 à 27 ans, arrivés ce matin-là pour une garde ordinaire et qui en sont sortis avec des blessures invisibles mais profondes.
Idan Hazan, responsable d’équipe au centre de commandement du district sud, se souvient : « Tout s’est passé si vite. 6h30 – comme si le monde s’effondrait. Je n’avais jamais rien vécu de tel. Les premiers appels affluaient sans arrêt : ce n’étaient pas des incendies ou des accidents habituels, mais des chuchotements étouffés : ‘On me tire dessus.’ »
Les opérateurs ont dû répondre à des mères paniquées, incapables de joindre leur mari disparu, ou gérer des rapports de personnes portées disparues mêlés à des appels désespérés d’autres pompiers et officiers, certains n’étant jamais revenus.
