La municipalité de Tel-Aviv exige désormais des synagogues de la ville qu'elles signent une charte d'égalité "sans distinction de sexe ou de confession", sous peine d'expulsion. Cette décision suscite une vive polémique, les responsables religieux craignant de ne plus pouvoir fonctionner selon le modèle orthodoxe.
Environ 130 synagogues sont concernées par cette mesure, qui exige qu'elles agissent conformément aux "valeurs de la Déclaration d'indépendance".
Le document de principes municipal stipule que "la synagogue offrira des services religieux à tous les résidents du quartier et des environs selon leur caractère et leur disposition, sans distinction d'âge, de sexe ou de foi, et que la forme de la prière sera déterminée par le comité exécutif en tenant compte de cela".
De nombreuses synagogues refusent catégoriquement de signer, tandis que celles qui l'envisagent redoutent les conséquences pratiques de cet engagement.
Maître Shove, représentant de nombreuses synagogues tel-aviviennes, a soulevé des questions fondamentales devant le tribunal : "Si le quartier est laïc, la synagogue devrait-elle prier en direction de la place Rabin et non de Jérusalem ? Quelle que soit la confession, cela signifie-t-il que s'il y a un chrétien, je dois prier selon le format chrétien ?"
La municipalité se défend
Face aux critiques, la municipalité de Tel-Aviv a tenu à préciser sa position : "Contrairement à ce qui est affirmé, il ne s'agit pas d'une 'campagne', mais d'une clause figurant dans les nouveaux contrats de location de synagogues, établis périodiquement. Cette clause vise à garantir l'absence de discrimination ou d'exclusion des résidents souhaitant participer aux activités de la synagogue."
L'autorité municipale justifie sa démarche en affirmant que les synagogues sont des bâtiments publics tenus de fonctionner conformément aux valeurs municipales.