L'ancien chef du renseignement militaire israélien Aaron Haliva, en poste le 7 octobre 2023, livre dans des enregistrements inédits une analyse sans concessions du fiasco du 7 octobre, remettant en question les versions officielles et pointant du doigt les défaillances systémiques qui ont mené à la tragédie.
"Ce n'était pas un accident, mais un effondrement systémique"
Dans ces enregistrements dont la publication a été approuvée par la censure, Haliva rejette catégoriquement la thèse de "l'accident" : "On dit que le 7 octobre était un accident. Nous sommes la meilleure armée du monde, le meilleur pays du monde. Je suis contre cette approche qui dit que c'était un accident : vous roulez en voiture, vous crevez un pneu, on amène une dépanneuse, on change les quatre roues et vous repartez. Ce qui nous est arrivé nécessite un démontage et un remontage complets."
Il dénonce une arrogance profondément ancrée : "L'un des problèmes majeurs du renseignement était qu'avant le 7 octobre, le renseignement disait 'je suis tout-puissant'. Ce n'est pas juste de la négligence et de l'arrogance, c'est plus profond que cela."
"Même si on m'avait réveillé cette nuit-là, j'aurais dit : tout va bien"
Sur la nuit cruciale du 6 au 7 octobre, Haliva admet une vérité glaçante : "Même si le chef d'état-major m'avait réveillé dans la nuit, je n'aurais rien dit d'autre que ce que préconisaient le commandant de division, le commandant de secteur et le Shin Bet. Quiconque dit autre chose est un menteur."
Il révèle que les premiers signaux d'alarme ont été déclenchés à 21h00 le vendredi soir, mais que personne ne l'a informé directement : "Le premier et dernier appel que je reçois dans la nuit, c'est à 3h20 de mon assistante." Il explique que la ''conception'' était si forte que toute réaction appropriée était impossible.
Le fiasco de la "Muraille de Jéricho"
Concernant le plan "Muraille de Jéricho" qui aurait prédit l'attaque, Haliva révèle son caractère superficiel : "Une année avant, je visite la division de Gaza après qu'ils me parlent du plan 'Muraille de Jéricho'. Ils me disent que c'est finalement un plan qui n'a rien d'exceptionnel". Il admet avoir négligé le suivi : "J'ai été négligent - dans le renseignement militaire, nous découvrons que beaucoup de choses tombent et ne passent pas entre les systèmes d'information."