Malgré l’approbation par le cabinet de la politique de Netanyahu visant à « conquérir Gaza » — et sa déclaration d’accélérer le processus — le chemin est encore long : de l’évacuation prévue de 800 000 Palestiniens du nord de la bande de Gaza, à la décision du chef d’état-major de ne pas attaquer dans les zones où se trouvent les otages, en passant par les pressions diplomatiques et l’usure mécanique des chars et blindés.
Une des questions majeures que devra trancher la haute hiérarchie de Tsahal dans les deux prochaines semaines concerne le moment de la mobilisation des dizaines de milliers de réservistes pour cette opération ambitieuse et prolongée — ainsi que leur nombre. À ce stade, aucune instruction n’a encore été donnée aux brigades, et l’armée compte gérer avec beaucoup de prudence cette ressource précieuse, déjà fortement sollicitée.
Ce n’est qu’en fin de semaine que le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, recevra un premier aperçu des grandes lignes des plans élaborés par le commandement sud pour cette offensive terrestre d’envergure. Déjà, il apparaît que cette offensive ne se lancera pas à grande échelle avant la fin août au minimum.
Contrairement aux décideurs politiques, l’armée prend en compte non seulement la fatigue des nombreux réservistes appelés à se battre depuis le 7 octobre, mais aussi la période estivale, marquée par les vacances scolaires. Ces contraintes ont poussé plusieurs commandants à libérer temporairement des réservistes, compensant leur absence par des officiers réguliers en formation.
Une fois que le général Zamir aura validé les plans principaux du commandement sud et des différentes divisions — incluant notamment l’évacuation de 800 000 Palestiniens du nord de Gaza — la manœuvre opérationnelle sera soumise à l’approbation finale du cabinet. Cela interviendra après la définition des méthodes de combat retenues et la planification précise des différentes phases.
D’autres facteurs, allant de la situation humanitaire aux pressions diplomatiques, en passant par l’humeur du président américain Donald Trump, seront examinés avec attention. Sur le plan matériel, l’état des chars, des véhicules blindés et des stocks, notamment en munitions terrestres, sera aussi un élément clé, surtout face aux menaces d’extension des sanctions militaires, notamment de la part de pays comme l’Allemagne.
Le sort des otages constitue un autre obstacle majeur. L’armée anticipe que le Hamas renforcera ses défenses, surtout souterraines, et que les groupes terroristes pourraient disperser les captifs dans divers lieux. Le chef d’état-major Zamir a clairement indiqué au gouvernement, en opposition à certains ministres comme Smotrich et Strook, que sa ligne rouge reste ferme : Tsahal ne mènera pas d’attaques dans des zones où des otages sont localisés, fidèle à la politique adoptée jusqu’à présent.
Zamir a également souligné publiquement ces derniers jours que, malgré les attentes ministérielles, les unités engagées à Gaza bénéficieront de rotations et de pauses. Ces mesures pourraient prolonger la durée des combats de quatre à six mois… voire au-delà. Par ailleurs, il a alerté les commandants sur une ressource cruciale en pénurie : la certitude. Les nombreuses promesses non tenues — la dernière étant la mobilisation limitée des réservistes à deux mois et demi en 2025 — ont accru le doute et la frustration des soldats.