Des sources israéliennes estiment que le coût de la prise de contrôle de la ville de Gaza pourrait atteindre entre 12 et 15 milliards de shekels par mois, soit de 3,07 à 3,85 milliards d'euros. Selon un plan de campagne étalé sur trois mois, la dépense cumulée s’élèverait à environ 45 milliards de shekels, soit 11,5 milliards d'euros, ce qui représente une hausse de 2 % du déficit public ou une réduction d’environ 7 % du budget de l’État.
Si le gouvernement décide d’instaurer un régime militaire permanent dans la bande de Gaza, cela entraînerait une charge annuelle supplémentaire de 20 milliards de shekels, soit 5,12 milliards d'euros.
Les calculs reposent principalement sur le coût mensuel d’un soldat de réserve, estimé à 30 000 shekels (7 700 euros). Pour l’opération terrestre prévue à Gaza, 250 000 réservistes pourraient être mobilisés, ce qui représenterait une dépense mensuelle de 7,5 milliards de shekels, soit 1,9 milliard d'euros. À cela s’ajoutent les coûts humanitaires, les munitions, le carburant et autres dépenses logistiques.
Ces estimations restent évidemment préliminaires, faute d’un plan opérationnel finalisé. Elles s’inspirent notamment de l’opération « Chars de Gédéon », plus limitée, qui avait coûté 25 milliards de shekels.
Le chiffre de 45 milliards concerne uniquement la conquête de Gaza. La mise en place d’un contrôle militaire permanent, proposée par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, entraînerait une dépense annuelle fixe estimée à 20 milliards de shekels, sans compter les coûts liés à la prolongation du service des soldats réguliers.
Ces dépenses pourraient entraîner une nouvelle dégradation de la note de crédit d’Israël, après les récentes baisses infligées par les agences internationales depuis le début du conflit à Gaza. Pour les citoyens, cela signifierait une hausse significative de la pression fiscale, des coupes budgétaires dans des secteurs clés comme la santé, la protection sociale et l’éducation, ainsi qu’un alourdissement du fardeau supporté par les réservistes et leurs familles.
Ces chiffres interviennent alors que le ministère des Finances a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2025 : 3,1 %, contre 3,6 % en juin et 4,3 % en début d’année.