Le gouvernement libanais a adopté jeudi soir une décision historique : le démantèlement de l’arsenal militaire du Hezbollah d’ici le 31 décembre 2025 Cette mesure inédite, prise à l’unanimité des ministres présents, a été approuvée en l’absence des membres du bloc chiite, dont ceux du Hezbollah et du mouvement Amal, qui ont quitté la séance avant le vote.
Les ministres ont validé les grands objectifs d’un document présenté par l’envoyé spécial américain Tom Barak, bien que le plan complet n’ait pas encore été formellement adopté. Le Premier ministre libanais, Nouaf Salam, a déjà fixé un calendrier pour cette initiative. Selon des sources proches du Hezbollah, cette décision ne peut être considérée comme légitime en l’absence des ministres chiites. Elles soulignent que le président libanais, Joseph Aoun, ne serait pas habilité à autoriser une telle décision sans leur présence.
Le projet soutenu par Washington vise à renforcer la souveraineté libanaise, désarmer toutes les milices non étatiques – y compris le Hezbollah – et étendre le contrôle de l'État sur l’ensemble du territoire. Il prévoit également un cessez-le-feu total sur les plans terrestre, aérien et maritime, le déploiement progressif de l’armée libanaise jusqu’au sud du Litani, ainsi qu’un redéploiement israélien sur cinq points stratégiques le long de la frontière.
Autres points majeurs : la démarcation officielle des frontières libano-israéliennes et libano-syriennes, la libération des prisonniers libanais détenus en Israël, le retour des civils déplacés à leurs domiciles, et la tenue d’une grande conférence économique internationale à l’automne 2025, avec la participation des États-Unis, de la France, du Qatar, de l’Arabie saoudite et d’autres alliés de Beyrouth.
La mise en œuvre du plan se fera en quatre phases :
Phase 1 : stabilisation du mécanisme de surveillance, arrêt total des activités militaires israéliennes, gel de tout transfert d’armes au Hezbollah, engagement public au cessez-le-feu. . Quinze postes-frontière de l’armée libanaise seront installés au sud du Litani, et des négociations indirectes avec Israël débuteront sur la démarcation des frontières.