Hezbollah a vivement dénoncé ce mercredi la décision du gouvernement libanais d’entamer un processus de désarmement de ses milices, estimant qu’il s’agit d’une « trahison nationale » et d’un « cadeau stratégique à Israël ». « Nous agirons comme si cette décision n’existait pas », a déclaré l’organisation dans un communiqué, accusant le Premier ministre libanais, Najib Mikati, d’avoir commis un « péché historique » affaiblissant le Liban face à ses ennemis.
La polémique fait suite à une réunion ministérielle exceptionnelle à Beyrouth, au cours de laquelle le cabinet a demandé à l’armée libanaise de préparer, d’ici la fin de l’année, un plan visant à centraliser toutes les armes aux mains de l’État. Cette initiative, soutenue par le président Joseph Aoun, s’inscrit dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu avec Israël, qui interdit à toute force armée autre que l’armée libanaise d’opérer au sud du Litani. Mais cette fois, l’objectif est plus ambitieux : désarmer Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais.
Le projet, également soutenu par les États-Unis via leur envoyé spécial Thomas Burke, prévoit en contrepartie l’arrêt des frappes israéliennes, le retrait de Tsahal de certains points contestés à la frontière, ainsi que des aides internationales pour la reconstruction du Liban. Washington a mis la pression sur Beyrouth pour obtenir une déclaration officielle d’engagement à cet égard.
Hezbollah, qui conserve un poids politique et militaire significatif malgré ses pertes dans la guerre récente, rejette catégoriquement cette décision. Selon le mouvement chiite, celle-ci viole les engagements gouvernementaux de « libérer tous les territoires occupés » et de « préserver la capacité de résistance nationale ». Il accuse le gouvernement d’avoir « cédé au diktat américano-israélien » et affirme que ses ministres, ainsi que ceux du mouvement Amal, ont quitté la réunion en signe de protestation.