Ces derniers jours, plusieurs pays ont annoncé leur intention de rejoindre les plus de 140 États qui ont déjà reconnu, dans le passé, la souveraineté palestinienne. Cela ne signifie pas qu’un tel État verra immédiatement le jour. Mais elle pourrait l’exposer Israël à davantage d'isolement politique ainsi qu'à des actions juridiques et des sanctions d'une ampleur encore inédite.
Selon l'Institut de la Démocratie, d'après le droit international, quatre critères factuels déterminent l’existence d’un État : un territoire défini, une population permanente, un gouvernement exerçant un contrôle effectif, et l’indépendance dans la conduite des affaires étrangères. Or, l’Autorité palestinienne ne remplit actuellement pas ces conditions , la reconnaissance n’a donc pas d’effet juridique.
Mais cette approche ne tient pas compte des réalités diplomatiques contemporaines, où la légitimité politique peut, à elle seule, conférer une forme d’existence. Dans ce contexte, de nombreux États reconnaissant la "Palestine" pourrait produire des effets bien réels.
Sur le plan politique, cette intention massive reflète le soutien à la solution à deux États, et l’agacement croissant à l’égard d’Israël, sur fond, entre autres, de guerre prolongée à Gaza, d'une situation humanitaire dégradée, des discours politiques internes appelant à l’annexion de Gaza ou à l’imposition de la souveraineté sur la Judée-Samarie, autant de facteurs qui justifient un sentiment d’urgence et d’intervention.
Il est vrai que la reconnaissance, à elle seule, ne suffira pas à créer un État palestinien sur le terrain, tant qu’Israël s’y opposera. Mais le processus de reconnaissance en cours risque de restreindre considérablement la marge de manœuvre d’Israël dans les instances internationales, et compliquer ses actions à Gaza et en Judée-Samarie.