Depuis le début de la guerre, plus de 10 000 soldats présentent des symptômes de stress post-traumatique -PTSD- ou autres troubles mentaux. Parmi eux, 3 769 ont déjà été officiellement reconnus comme souffrant de PTSD, un chiffre sans précédent.
Rien qu’en 2024, 1 600 soldats ont été reconnus comme atteints de PTSD, et environ 9 000 autres, pour la plupart combattants, sont en cours de reconnaissance. En comparaison, lors de l’opération « Bordure protectrice » en 2014, seuls 159 cas avaient été reconnus.
La majorité des nouvelles victimes sont des jeunes : près de la moitié des 18 500 blessés du 7 octobre ont moins de 30 ans. Beaucoup sont aussi de jeunes parents. La guerre a profondément marqué aussi bien les conscrits que les réservistes – hommes et femmes – confrontés à des scènes que l’esprit n'assimile pas, même des mois après.
Les spécialistes avertissent : tant que les soldats sont "dans l’action", protégés par une forme d’adrénaline, les troubles restent contenus. Mais au retour à la vie civile, les souvenirs ressurgissent – brutalement. Des dizaines de milliers de soldats ont été exposés à des scènes de destruction, à la mort, au danger constant. Leur retour progressif à la normale fait resurgir les traumatismes refoulés.
Des soldats ayant combattu il y a cinq ou dix ans lors d'opérations précédentes témoignent aujourd’hui de nouvelles crises déclenchées par la guerre actuelle. Selon le ministère, les appels à l’aide augmentent de mois en mois. Environ 12 000 soldats touchés ont quitté leur unité et, pour beaucoup, leur emploi civil également. L’impact sur l’économie est réel.
Le département de réhabilitation du ministère de la Défense tente d’adapter sa réponse à l’ampleur de la crise. Face à la surcharge, plus de dix fermes thérapeutiques ont été mises en place, une unité mobile d’intervention psychologique d’urgence a été créée, avec des professionnels capables d’intervenir en quelques minutes – une alternative aux interventions policières en cas de crise aiguë, voire de tentative de suicide.
Quatre "maisons ouvertes" ont aussi été créées à proximité de services psychiatriques, en alternative à l’hospitalisation forcée. Un centre de repos pour anciens combattants, souvent incapables de rester chez eux avec leur famille, a vu le jour à Hofit.