Alors que la France s’apprête à reconnaître officiellement l’État de Palestine, les coulisses diplomatiques s’éclaircissent peu à peu. Le vice-président de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, affirme que l’Arabie saoudite a joué un rôle actif dans cette décision historique, allant jusqu’à affirmer que le prince héritier Mohammed ben Salmane aurait directement fait pression sur Paris.
Le responsable palestinien a précisé avoir eu une conversation téléphonique avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhan, qui lui aurait confirmé l’implication personnelle de ben Salmane dans cette initiative.
« J’ai exprimé ma gratitude à Son Altesse le prince héritier Mohammed ben Salmane pour avoir impulsé cette reconnaissance de l’État de Palestine », a-t-il déclaré.
Dans un communiqué adressé au président Emmanuel Macron pour le remercier, al-Sheikh a salué les « efforts significatifs » de Riyad aux côtés de la France sur la question de la reconnaissance d’un État palestinien. Selon lui, cette position « reflète l’engagement de la France en faveur du droit international et son soutien au peuple palestinien ».
Est-ce plausible ?
Tout à fait, on sait que l’Arabie saoudite cherche à s’imposer comme acteur du dossier palestinien, notamment face à l’Iran et au Qatar. Alors que les négociations sur la normalisation Riyad-Jérusalem sont pour l'heure gelées, les Saoudiens peuvent vouloir faire comprendre qu’ils ont d’autres leviers d’influence. Sans compter que la France reste un partenaire stratégique pour Riyad, notamment sur les plans militaire et énergétique. Ryad, sans tambour ni trompette, a probablement poussé Paris à agir maintenant en prévision de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. Une façon de reprendre la main diplomatiquement sans aller jusqu’à la rupture avec Israël. Mais ses remerciements publics de l'Autorité Palestinienne risque de semer un froid entre Jérusalem et le royaume et aurait sans doute préféré que son "coup de pouce" reste confidentiel. D'autant plus que le prince héritier risque de se faire taper sur les doigts par Donald Trump...