"Il n’y a pas d’alternative à la création d’un État palestinien." C’est par ces mots qu’Emmanuel Macron a justifié sa décision historique : la France reconnaîtra un État palestinien, a annoncé le président de la république française sur ses réseaux sociaux, dans un message publié en trois langues – anglais, arabe et français. Le président français prévoit d’officialiser cette reconnaissance lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre prochain.
Le Hamas a salué cette annonce comme "un pas positif vers la justice pour le peuple palestinien, un soutien à l’établissement d’un État indépendant avec Jérusalem pour capitale sur l’ensemble des territoires occupés" et d' "une évolution significative qui traduit la reconnaissance croissante, au niveau international, de la légitimité de la cause palestinienne", et appelé "toutes les nations du monde, en particulier européennes, à suivre la France."
Du côté de Washington on évoque une "grave erreur". Le secrétaire d’État Marco Rubio a fustigé une décision "irresponsable", estimant qu’elle ne servait uniquement la propagande du Hamas et freinait le processus de paix, et qualifié l’initiative de "gifle pour les victimes du 7 octobre".
Le sénateur républicain Tom Cotton a, pour sa part, parlé d’un « soutien honteux aux terroristes », estimant que « la seule voie vers la paix passe par le soutien à Israël dans sa mission de libération des otages et de destruction du Hamas ».
Le puissant lobby pro-israélien AIPAC a dénoncé « un geste unilatéral » qui rend « encore plus insaisissables la paix et la réconciliation », accusant Emmanuel Macron de se comporter comme « l’instrument du Hamas ».
Quant à Mike Huckabee, ambassadeur des Etats-Unis en Israël, il a fait remarquer sur X, que la « déclaration » unilatérale de Macron d'un État « palestinien » ne précisait pas où il serait. « Je peux désormais annoncer en exclusivité que la France offrira la Côte d'Azur et que la nouvelle nation s'appellera « Franc-en-Stine ». Et continué toujours dans l'ironie : « Quelle intelligence ! Si Macron peut simplement « déclarer » l'existence d'un État, peut-être le Royaume-Uni peut-il « déclarer » la France colonie britannique , »
Au Canada, le Premier ministre Mark Carney a accusé Israël de ne pas avoir empêché la "catastrophe humanitaire" à Gaza, et l’a appelée à "respecter l’intégrité territoriale de la Judée-Samarie et de la bande de Gaza".
Même ton en Australie, où le Premier ministre Anthony Albanese a exhorté Israël à "mettre fin à la souffrance et à la faim à Gaza", appelant à un respect strict du droit international.
Dans le même temps, le Premier ministre britannique Keir Starmer a publié un message selon lequel un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas rapprocherait la reconnaissance d’un État palestinien et la solution à deux États :
"La souffrance et la famine à Gaza sont inexplicables. La crise a atteint de nouvelles proportions, c’est une catastrophe humanitaire", a-t-il écrit.
Starmer a déclaré qu’il tiendrait une "réunion d’urgence" aujourd'hui, vendredi, avec la France et l’Allemagne : "Nous sommes d’accord sur le fait qu’Israël doit changer de trajectoire et faire entrer l’aide humanitaire désespérément nécessaire à Gaza et je réitère mon appel à toutes les parties à agir de bonne foi pour instaurer un cessez-le-feu immédiat et libérer les otages."