Ce jeudi, une chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) a statué que la Hongrie avait enfreint ses obligations en tant qu’État membre du Statut de Rome, en s’abstenant d’arrêter le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou lors de sa visite officielle dans le pays en avril dernier. Selon la décision, Budapest avait même informé à l’avance Netanyahou qu’elle ne donnerait pas suite au mandat d’arrêt international émis à son encontre.
La décision, rendue publique aujourd’hui, affirme que la Hongrie a empêché la Cour d’exercer ses compétences en ne répondant pas à la demande de détention provisoire soumise par la CPI. Le dossier a désormais été transféré à l’Assemblée des États parties au Statut de Rome pour examen.
Lorsqu'en mars 2025, la presse rapportait que Netanyahou prévoyait de se rendre en Hongrie début avril à l’invitation du Premier ministre Viktor Orbán, le greffe de la CPI a tenté à plusieurs reprises — les 21, 24 et 26 mars — de prendre contact avec le gouvernement hongrois afin de clarifier la situation et d’expliquer les procédures requises, sans recevoir de réponse.
Le 31 mars 2025, la Hongrie a confirmé officiellement la visite prévue de Netanyahou du 2 au 6 avril. Ce même jour, la présidence de l’Assemblée des États parties a adressé une lettre au ministre hongrois des Affaires étrangères, rappelant à la Hongrie son obligation de coopérer avec les demandes de la CPI. Le 3 avril, à l’arrivée de Netanyahou, la Cour a officiellement transmis une demande d’arrestation provisoire — demande à laquelle Budapest n’a pas donné suite.