Près de soixante députés du Parti travailliste britannique ont signé une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères David Lammy, dans laquelle ils réclament la reconnaissance immédiate d’un État palestinien par le Royaume-Uni. Cette initiative, révélée samedi par le Guardian, intervient en réaction à des déclarations du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, au sujet d’un projet de transfert de population vers un ville humanitaire qui serait établie sur les ruines de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
Les signataires — issus à la fois de l’aile centriste et de l’aile gauche du parti — expriment dans leur courrier une ''profonde inquiétude'' face à ce qu’ils qualifient de “nettoyage ethnique à Gaza”. Ils appellent Londres à prendre des mesures immédiates pour empêcher la mise en œuvre de ce qu’ils perçoivent comme une tentative d’expulsion massive de civils palestiniens.
« Nous vous écrivons en urgence à propos de l’annonce du ministre israélien de la Défense concernant son intention de transférer de force l’ensemble de la population civile de Gaza vers un camp dans la ville détruite de Rafah, sans leur laisser la possibilité de fuir », écrivent-ils. Soulignons qu'au contraire, la ville humanitaire que veut créer Israël vise à mettre les Gazaouis en sécurité et à leur permettre de préparer leur exil en dehors de la Bande de Gaza s'ils le souhaitent.
Les parlementaires travaillistes citent également le juriste israélien des droits de l’homme Michael Sfard, qui a qualifié cette initiative de « plan opérationnel de crime contre l’humanité ». Les députés ajoutent : « Malgré la justesse de cette qualification, nous pensons qu’une autre est encore plus précise : il s’agit d’un nettoyage ethnique de Gaza. »
Cette prise de position intervient peu après une déclaration similaire du président français Emmanuel Macron, prononcée lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre britannique Keir Starmer. Macron a appelé à œuvrer à une reconnaissance coordonnée de l’État palestinien, estimant qu’il s’agissait « de la seule voie vers une paix durable ».