Le théâtre de l’absurde se jouera cette fois à Bogota, les 15 et 16 juillet. Plus d'une vingtaine d’États, dont l’Espagne, l’Irlande, la Chine et la Turquie, participeront à une réunion « d’urgence » organisée par le Groupe de La Haye avec pour objectif déclaré : adopter des « mesures concrètes » contre Israël, accusé de violations du droit international à Gaza.
Dans ce grand élan d’indignation sélective, aucun mot sur le massacre du 7 octobre, perpétré par le Hamas, ni sur les otages toujours détenus, ni sur les roquettes tirées depuis les écoles et les hôpitaux, ni sur le droit d’un État démocratique à se défendre contre une organisation terroriste reconnue comme telle par une grande partie du monde libre.
Une initiative sud-américaine et africaine
Ce sommet est co-organisé par la Colombie et l’Afrique du Sud, deux des fondateurs du Groupe de La Haye, lancé en janvier dernier pour, selon leurs termes, « demander des comptes à Israël et inviter ous les États à mettre en oeuvre toutes les mesures et politiques possibles pour mettre fin à l'occupation israélienne de l'État palestinien..» Le groupe rassemble une coalition de pays qui, au fil des mois, s’est élargie à des régimes autoritaires et à quelques démocraties en rupture de ligne, comme l’Espagne et l’Irlande.
Parmi les participants annoncés : l’Algérie, le Bangladesh, le Brésil, le Chili, la Chine, Cuba, Djibouti, l’Indonésie, l’Irlande, le Liban, la Malaisie, la Namibie, le Nicaragua, Oman, le Portugal, le Qatar, la Turquie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, l’Uruguay et la Palestine. La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, connue pour ses positions particulièrement hostiles à Israël, assistera également à la conférence.
Un procès à charge
Les déclarations préliminaires donnent le ton. Le ministre sud-africain Ronald Lamola parle d’un « tournant face à l’exceptionnalisme israélien ». Le vice-ministre colombien Mauricio Jaramillo Jassir accuse ouvertement Israël de génocide, de nettoyage ethnique, et qualifie la situation à Gaza de « menace contre le multilatéralisme mondial ».
On est loin d’une approche équilibrée ou d’un appel à libérer les otages, encore moins à désarmer le Hamas. Aucun mot non plus sur les atrocités documentées du 7 octobre, sur l’usage cynique des boucliers humains ou sur les tunnels sous les hôpitaux.