La voiture du cheikh Wadi al-Jaabari, figure religieuse influente d’Hébron, a été incendiée dans la nuit de lundi à mardi dans le quartier d’Issawiya, à Jérusalem-Est. L’attaque, menée par de jeunes Palestiniens, semble directement liée à ses prises de position controversées en faveur d’une reconnaissance mutuelle entre Israël et une entité autonome palestinienne.
Surnommé « Abu Sanad », al-Jaabari s’est récemment fait connaître au sein et au-delà des Territoires palestiniens pour une initiative audacieuse : avec quatre autres cheikhs issus de grandes familles d’Hébron, il a proposé la création d’un « Émirat autonome », sorte d'alternative à l’Autorité palestinienne. Dans une lettre adressée le 5 juillet au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et au ministre de l’Économie Nir Barkat, les signataires appellent à une rupture avec le statu quo issu des accords d’Oslo de 1993, qu’ils qualifient de « désastreux ».
Un projet radical et inédit
Ce « plan de paix local » repose sur plusieurs points concrets : reconnaissance d’Israël comme État-nation du peuple juif, engagement total contre le terrorisme, demande de permis de travail pour des milliers d’ouvriers palestiniens, et création d’une vaste zone industrielle de 400 hectares près de la barrière de sécurité.
Les cheikhs plaident pour une approche pragmatique : « Nous voulons redonner de l’emploi, rétablir la sécurité et offrir un avenir à notre jeunesse. » L’initiative s’inscrit dans la dynamique régionale des accords d’Abraham, signés en 2020 entre Israël et plusieurs pays arabes, et ambitionne d’y intégrer Hébron, ville au tissu tribal complexe et historiquement marquée par les tensions.