En France, dans le cadre de « la Journée internationale des droits des femmes », certaines ont été exclues d’une manifestation majeure parce que juives et militantes. Une fois encore, comme pour les évènements sportifs et culturels, la République a été impuissante. Ici on dissimule, là un bataillon de CRS, ailleurs des bus car les transports en commun sont trop dangereux pour la Communauté juive. Mais quel est l’avenir des juifs de France dans de telles conditions ? Quels espoirs, quand on punit l’exemplarité et que l’on récompense les voyous, les casseurs et les antisémites ? La veille, dans la nuit, on battait le pavé avec des appels à l’Intifada. Oui, la République a encore failli ce 8 mars, incapable de protéger ses citoyens juifs, autrement qu’en les reléguant en fin de cortège, encadrés par un important dispositif policier, contraints d’attendre, et de marcher trois heures après les autres. Ce 8 mars aurait dû être une journée d'union, une marche où chaque pas proclamait haut et fort les droits des femmes, une affirmation universelle de justice et d'égalité. Pourtant, ce fut un naufrage moral.
Derrière la bannière du « Collectif Nous Vivrons », une association fondée au lendemain des attaques du 7 octobre 2023, des figures politiques et intellectuelles de toutes sensibilités avaient pris place, présence tangible d'une unité qui transcende les clivages partisans. Parmi eux, les députés Caroline Yadan, Constance Le Grip et Jérôme Guedj, les sénateurs Rémi Féraud et Laurence Rossignol, des élus de premier plan comme Ariel Weil, Aurélie Assouline, Camille Vizioz Brami, de nombreuses personnalités à l’instar d’Alexandra Cordebard, Emmanuelle Wargon, Julia Layani, Déborah Wargon, Éléonore Slama, Marika Bret, Elsa Wolinski, Julia Layana, Flora Ghebali, Chochana Boukhobza, Shani Benalouid, Galina Elbaze, Delphine Horvilleur, Nathalie Riu-Guez et Mona Jafarian accompagnée de nombreuses militantes iraniennes membres du Collectif « Femme Azedi ». Etaient également présents sous le ciel bleu parisien « le Printemps Républicain », « la LICRA », « Les Citadelles », « Tous 7 Octobre », « Wizo France », « No Silence », « Truth », « le Collectif 7 octobre » et des dizaines d’autres organisations.

Mais qu’a donc fait le « Collectif Nous Vivrons » pour mériter un tel sort ? Une faute impardonnable, exister. Exister alors que depuis des jours, il était directement menacé : « Notre responsabilité, en tant qu'organisateur de ce cortège qui vise à marquer le 8 mars pour défendre les droits des femmes juives, c'est d'assurer strictement la sécurité de toutes nos militantes… » précise Sarah Aizenman, chef d’entreprise, présidente et porte-parole du Collectif : « Cela fait une semaine que nous faisons l'objet de menaces et d'intimidations publiques sur les réseaux sociaux. Ça a commencé par l'appel d’Euro-Palestine et de Samidoun (qui soutient activement le Hamas), qui ont incité tous les participants à nous empêcher de marcher en nous repoussant, je cite, par la force du nombre. Ils avaient bien indiqué que la marche ne démarrerait pas tant que les fascistes sionistes seraient là. Donc il y a eu ces menaces publiques, relayées par certaines des organisations féministes. La préfecture a intercepté des messages de menaces sur les boucles de Telegram des organisations qui avaient vraiment envie d'en découdre. À partir de ce moment-là, nous avons accepté une protection policière. On nous a indiqué qu'on marcherait parce que la rue n'appartenait pas aux antisémites, que la République était de notre côté et qu'il fallait qu'on soit bien conscients du risque. Pour éviter tout débordement, on devait se soumettre à la protection des forces de l'ordre, qui d'ailleurs ont été exemplaires avec nous. Évidemment, j'aurais aimé qu'on chante, qu'on danse, que ce soit positif, que ce soit doux. Mais malheureusement, quand tu te bats pour lutter contre l'antisémitisme aujourd'hui en France, tu es parqué pendant trois heures, dans une rue adjacente, en attendant que ceux qui veulent ta peau puissent être dégagés par les flics. » « Être dégagés par les flics » au sens propre et figuré. Avouons notre gourmandise quand les antifas et les pro-palestiniens en surnombre ont commencé à saccager la rue. Ce fut une distribution de tartes savoureuses. Les matraques se sont abattues, généreusement. Un coup pour toi, un pour ton voisin. Chacun sa part, sans jaloux. Multipliée, doublée comme la manne. Sept arrestations tout de même. Dont une qui faisait suite à une agression contre des militants du « Collectif Nous Vivrons ».




