Les conclusions de cette enquête sont sévères pour Tsahal et pointent les graves défaillances dans la gestion de ce qui est explicitement nommé une ''conquête du kibboutz Beeri'' par les terroristes. Par ailleurs, est aussi souligné l'héroïsme des membres du groupe de sécurité du kibboutz et des habitants.
Au plus fort des combats, à 13h30, il y avait 340 terroristes dans le kibboutz qui compte un peu plus de 1000 habitants et seulement 26 combattants israéliens en face, alors que l'attaque a commencé à 6h50 ce samedi matin. Une image qui donne le ton de ce qu'il s'est passé dans le kibboutz.
Parmi les 340 terroristes, 120 appartenaient au commando du Hamas de la No'hba, 70 étaient des terroristes du Hamas, 150 du Jihad islamique mais aussi d'autres factions terroristes ou des habitants de Gaza venus piller et agresser les civils israéliens.
Sur les 1071 membres du kibboutz: 101 civils ont été assassinés, 35 ont été enlevés à Gaza (11 s'y trouvent toujours), 23 soldats de Tsahal et membres du groupe de sécurité du kibboutz sont tombés au combat ainsi que 8 policiers.
Tsahal n'était pas prêt
Le rapport conclu que Tsahal n'était absolument pas préparé à un tel scénario. Les bases autour du kibboutz Beeri, censées le protéger, ont été incapables de remplir ce rôle car les soldats étaient occupés à se défendre eux-mêmes puisque les bases militaires ont aussi été envahies par des centaines de terroristes.
Par ailleurs, les forces appelées en renfort, ont mis du temps à arriver. En route, elles ont dû affronter des terroristes qui se trouvaient partout sur leur chemin, les retardant pour aller porter secours aux habitants de Beeri. Mais ce n'est pas tout. Une fois sur place, de nombreux soldats sont restés hors du kibboutz et attendaient les instructions de leur hiérarchie pour entrer. Cet ordre n'arrivait pas parce que Tsahal ne parvenait pas à établir un état des lieux de ce qu'il se passait à l'intérieur.
A 8h30 pourtant un petit groupe de soldats du commando Shaldag est arrivé dans le kibboutz. A 9h déjà, le commandant de ce groupe décide de se retirer à l'extérieur du kibboutz après que plusieurs de ses hommes ont été blessés et qu'il était en manque de munitions, afin de se réarmer et de fournir des soins aux blessés.
Ainsi jusqu'à 13h30, les membres du groupe de sécurité du kibboutz et les habitants se sont battus seuls contre des centaines de terroristes. Les combats ont encore duré de nombreuses heures à partir du moment où Tsahal est entré. Ce n'est que vers 16h que le nombre soldats dans Beeri a dépassé celui des terroristes. A 22h, l'armée israélienne avait repris le dessus et commençait la libération du kibboutz.
La maison de Passi
Près du kibboutz Beeri, se trouve la base ''Maguen Beeri''. Aucun des soldats de cette base n'a pu porter secours aux habitants du kibboutz en raison des combats intenses qui se déroulaient à l'intérieur même de la base. Sur place, se trouvaient 33 combattants, un blindé et deux tanks. Un des tanks a rapidement été neutralisé par les terroristes. Le second s'est battu pendant plusieurs heures et plusieurs combattants ont été blessés. Le sous-général Nissim Hazan, qui est arrivé depuis sa maison, a réussi à prendre le contrôle du tank, à le nettoyer du sang et des grenades à l'intérieur et à l'utiliser pour aller prendre la défense de Beeri. Ce tank est entré dans Beeri à 16h.
C'est ce tank qui servira à tirer sur ''la maison de Passi'' où les terroristes détenaient 15 otages. C'est le général Barak Hirem qui a donné l'ordre de tirer, après des heures de négociations et craignant pour la vie des otages. Finalement, 13 des otages sont morts. Pendant un temps, le général Hirem a été accusé d'être responsable de leur mort et d'avoir agi sans prendre en compte ces otages. L'enquête montre qu'il a agi avec réflexion, comme attendu d'un officier de son rang et qu'a priori les otages avaient déjà été assassinés par les terroristes au moment où les obus ont été tirés.
