Société

Etude : la confiance de la population dans le système judiciaire en nette baisse

3 minutes
4 novembre 2021

ParIsraJ

Etude : la confiance de la population dans le système judiciaire en nette baisse

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L'Université de Haïfa a réalisé une étude sur la confiance de la population dans ses institutions judiciaires : Cour suprême, Parquet et conseiller juridique du gouvernement. Il s'avère - et ce n'est pas une grande surprise - que cette confiance s'est largement érodée en quatre ans et atteint son niveau le plus bas depuis 2008. Les critères proposés aux personnes interrogées ont été notés sur une échelle allant de 1 à 6. Les résultats globaux indiquent qu'à peine 7% des personnes interrogées accordent une note élevée ou très élevée au système judiciaire et à l'opposé, ils sont 30% à accorder une note basse à très basse. Pour le conseiller juridique du gouvernement, Avihaï Mandelblit, seuls 6% lui accordent un satisfecit.

Voici les notes (sur 6) accordées avec leur comparaison aux résultats de 2016 :

Quelle note accordez-vous au système judiciaire en général ?

2016 : 3,35

2020 : 2,67

Quelle note accordez-vous à la Cour suprême ?

2016 : 3,35

2020 : 2,67

Quelle note accordez-vous au conseiller juridique du gouvernement ?

2016 : 3,05

2020 : 2,53




Quelle note accordez-vous au Parquet ?




2016 : 3,11

2020 : 2,05


Quelles sont les raisons d'une telle situation qui est très malsaine pour la démocratie ? Elles sont multiples et de diverses nature et ont accumulé les griefs de la population contre une instance qui donne le sentiment d'être omnipotente et intouchable : népotisme et copinage au sein du sérail judiciaire, absence d'organe de supervision du système judiciaire, refus de toute critique ou introspection, usurpations de prérogatives et empiètements dans les domaines de l'exécutif et du législatif, gestion sélective des dossiers, dossiers explosifs touchant à des hauts-fonctionnaires ou des personnalités politiques "mis sous le tapis" ou étouffés, déconnection des sentiments de la population ou des intérêts vitaux de l'Etat, verdicts variables suivant les secteurs de population, attitude de donnant-donnant entre divers organes, protection mutuelle de hauts-fonctionnaires etc.

Cette baisse de confiance en la justice est aussi due au fait que les affaires dans lesquelles est suspecté l'ancien Premier ministre Binyamin Netanyahou, et en particulier le dossier 4000, le plus important, s'effilochent au fur et à mesure des contre-interrogatoires des principaux témoins à charge, vidant l'acte d'accusation de son contenu, ce qui donne le sentiment d'une tentative (réussie) de putsch juridico-politique.

Le Prof. Shlomo Mizrahi, qui a réalisé l'étude avec les Prof. Eran Wigoda-Gadot et Prof. Nissim Cohen a déclaré : "Ces données indiquent une tendance très inquiétante, car la légitimation populaire du système judiciaire est l'une des pierres de voûte d'un régime démocratique. Il est nécessaire de procéder à un examen approfondi des processus qui ont amené à ce phénomène afin de corriger la trajectoire vers laquelle marche la démocratie israélienne".

Photo Yossi Zamir / Flash 90