À la suite de l’élimination de Mohammed Sinwar en mai dernier par les forces israéliennes, Az al-Din Haddad a été désigné comme nouveau commandant de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza — une position qui fait désormais de lui le leader de facto de l’organisation. Cette nomination a été confirmée jeudi par le porte-parole de Tsahal.
Dans un contexte marqué par des négociations délicates autour d’un accord pour la libération des otages et une possible trêve susceptible de mettre un terme à la guerre déclenchée le 7 octobre par le Hamas, le New York Times rapporte que Haddad aurait récemment déclaré vouloir obtenir un « accord honorable », tout en menaçant, à défaut, de transformer la lutte en une « guerre de martyrs ».
Interrogé sur l’identité du commandant actuel du Hamas, le porte-parole de l’armée israélienne a répondu brièvement : « Az al-Din Haddad, actuellement dans le nord de la Bande de Gaza. Je n’en dirai pas plus. » Selon les services de renseignement cités par le New York Times, Haddad résiderait toujours dans la ville de Gaza. Surnommé « le fantôme du Hamas », il a survécu à six tentatives d’assassinat, il est considéré depuis longtemps comme l’un des hauts responsables militaires des brigades al-Qassam.
Alors que les rangs supérieurs du Hamas ont été décimés, Haddad demeure le dernier haut dirigeant militaire encore en vie à Gaza. Ce vendredi matin, la chaîne saoudienne Asharq rapportait que l’organisation envisagerait avec prudence l’exil temporaire de certains de ses dirigeants, dans le cadre d’un accord global mettant fin au conflit.
Âgé d’une cinquantaine d’années, Haddad a activement participé à la planification de l’attaque du 7 octobre, comme il l’a admis dans un entretien à la chaîne Al-Jazeera. Maîtrisant l’hébreu, il a personnellement détenu certains otages, dont plusieurs soldates. Toujours selon le New York Times, il joue un rôle clé dans les négociations en cours.
Keith Siegel, ex-otage israélo-américain, a livré un témoignage saisissant sur ses rencontres avec Haddad : « Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises. Il me demandait souvent comment j’allais, dans un hébreu parfait. La plupart du temps, il se montrait cordial, sauf une fois, lorsqu’il a appris qu’Aviva (ma femme) s’était exprimée dans les médias à Genève contre le traitement réservé aux otages. » Il raconte également que, peu avant sa libération, Haddad lui aurait personnellement annoncé son retour imminent à la maison, lui offrant même une boîte de chocolats de marque Laviva.