Trois étoiles rouges, symbole de la révolution syrienne, et quatorze plumes pour autant de provinces : le nouveau blason présenté cette semaine à Damas tranche avec les symboles traditionnels du régime. Accompagné de l’annonce d’un nouvel hymne national, d’une nouvelle monnaie et d’un format modernisé des cartes d’identité, ce changement marque une volonté affichée de réinvention.
Alors que les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc ont déjà entamé un processus de normalisation avec Israël, la Syrie, longtemps restée à l’écart, semble vouloir envoyer des signaux plus nuancés.
« L’intégration d’éléments issus du drapeau de la révolution pourrait être perçue comme une tentative de réconcilier les différentes composantes du peuple syrien, mais aussi de se repositionner sur la scène internationale », estime un ancien diplomate israélien au fait des dossiers syriens.
En Israël, on observe ce virage symbolique avec prudence mais sans hostilité. Certains cercles stratégiques estiment que cette ouverture culturelle pourrait faire partie d’un processus plus large, dans lequel la Syrie chercherait à s’extraire de l’isolement régional. Un rapprochement – même indirect – avec Jérusalem n’est plus considéré comme impossible, notamment dans une configuration post-iranienne ou post-Assad.