Après douze jours de silence et de spéculations sur sa mort, le général Esmail Qaani est réapparu en public à Téhéran, lors d’un rassemblement célébrant une "victoire" organisée place de la Révolution. Âgé de 62 ans, Qaani y est apparu en civil, coiffé d’une casquette noire, discutant avec des partisans. Sa disparition faisait suite à des informations publiées par le New York Times évoquant sa mort, supposément survenue aux côtés d’autres hauts responsables militaires iraniens dans le contexte de l'escalade avec Israël.
Nommé à la tête de la Force Al-Qods en 2020 après l’assassinat de Qassem Soleimani par une frappe américaine à l’aéroport de Bagdad, Qaani supervise les opérations extérieures des Gardiens de la révolution. Il est notamment chargé du soutien aux groupes affiliés à l’Iran tels que le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et diverses milices en Syrie et en Irak. Son unité est également impliquée dans des attentats ciblant des civils israéliens à l’étranger, comme l’attentat de Bourgas (Bulgarie) en 2012, qui avait fait cinq morts.
Ce n’est pas la première fois que sa disparition alimente les rumeurs. L’an dernier déjà, son absence prolongée de la scène publique, sur fond d’élimination de responsables iraniens et du chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah par Israël, avait alimenté des spéculations selon lesquelles il aurait été interrogé par le régime iranien, car soupçonné d'agir pour le compte d'Israël. Certaines rumeurs évoquaient même un malaise cardiaque au cours de l’interrogatoire – une version que Téhéran avait niée, avant qu’il n’apparaisse finalement à la télévision nationale en octobre lors de la réception du corps d’un commandant du corps libanais-syrien de la force Al-Qods.
Depuis, la rumeur ne faiblit pas: Qaani serait un agent pour le compte d'Israël. Ce mystère est constamment alimenté par toutes sortes d'affirmations publiées sur les réseaux sociaux.
Le dernier rebondissement date de ce lundi. Un mystérieux compte X, identifié ces derniers jours comme un canal semi-officiel du Mossad en langue persane, a publié ce lundi un message pour le moins inhabituel : « Qaani n’est pas notre espion. », de quoi encourager encore davantage les spéculations.