L’Achoura, jour central du calendrier chiite, est traditionnellement un temps de deuil et de ferveur. Elle commémore la mort de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, tué en 680 à Karbala par les troupes du calife omeyyade. Figure de résistance face à l’oppression, Hussein est un symbole fondamental de sacrifice et de justice dans l’islam chiite.
Mais cette année, les célébrations prennent une dimension particulière pour ce qu’on appelle l’Axe chiite, un réseau d’alliés pro-iraniens unis par une idéologie anti-occidentale et surtout anti-sioniste. Frappé de plein fouet par une série de revers politiques et militaires, cet axe entre dans une nouvelle phase de fragilité.
Constitué autour de la République islamique d’Iran, cet ensemble comprend le Hezbollah libanais, le régime alaouite syrien de Bachar el-Assad, les milices chiites irakiennes, les rebelles Houthis au Yémen, et les groupes armés palestiniens comme le Hamas et le Jihad islamique. Malgré leurs différences, ces acteurs partagent une hostilité active à l’égard d’Israël et de ses alliés.
L’année écoulée a été marquée par une série de coups durs. L’Iran, après la guerre de douze jours contre Israël, a subi des pertes stratégiques importantes. Ses installations nucléaires ont été visées, plusieurs commandants tués, et des tensions internes ont émergé autour de la succession du guide suprême Khamenei.
Le Hezbollah, quant à lui, a perdu plusieurs hauts dirigeants dans des frappes israéliennes. Son chef actuel, Naim Qassem, peine à affirmer son autorité, tandis que les restrictions financières imposées par les États-Unis et d’autres pays rendent son fonctionnement plus difficile.