Il y a 30 ans, le 23 juin 1995, s'est éteint Jonas Salk, le scientifique juif qui a mis au point le vaccin contre lla polio. Agé de 80 ans, il a succombé à une insuffisance cardiaque.
Son histoire reflète son dévouement pour la santé publique allant même jusqu'à renoncer à une fortune qui se serait comptée en milliards de dollars.
Né le 28 octobre 1914 à New York de parents immigrés juifs originaires de Lituanie et de Biélorussie, il est l’aîné de trois frères. Élève précoce et brillant, il intègre à 13 ans le prestigieux lycée Townsend Harris, réservé aux élèves surdoués, qu’il termine à l’âge de 15 ans. Il poursuit ensuite ses études au City College of New York, obtenant en 1934 un diplôme en chimie.
Salk envisage d'abord une carrière juridique, mais sous l’influence de sa mère, il se tourne vers la médecine, qu’il étudie à l’Université de New York. Il y découvre sa vocation pour la recherche scientifique, préférant les laboratoires à la pratique clinique. Il se spécialise alors en biochimie et en bactériologie, avec l’ambition d’œuvrer pour l’humanité dans son ensemble, au-delà de la seule relation médecin-patient.
Après son internat au Mount Sinai Hospital, il rencontre des difficultés à intégrer des postes de recherche, notamment en raison de ses origines juives. Il trouve cependant un poste à l’Université du Michigan, où il commence à travailler sur des vaccins contre la grippe. En 1947, il rejoint l’Université de Pittsburgh, où il poursuivra ses recherches en immunologie.
Au début du XXe siècle, les États-Unis sont régulièrement frappés par des épidémies de poliomyélite. La maladie touche des dizaines de milliers de personnes chaque année, principalement des enfants. Le président Franklin D. Roosevelt, lui-même atteint de polio, crée en 1938 la Fondation nationale pour la paralysie infantile afin de financer la recherche d’un vaccin, sans succès pendant de nombreuses années.
En 1948, Harry Weaver, directeur de la recherche de la fondation, sollicite Salk pour cartographier les différents types de virus responsables de la polio. En échange, il lui promet de meilleures conditions de travail. Salk accepte et s’attelle à une tâche colossale.
Ses efforts aboutissent au développement du premier vaccin efficace contre la poliomyélite. Après des tests réussis sur des singes, le vaccin est administré à des patients déjà atteints, puis à des volontaires sains, dont Salk lui-même, sa femme et leurs enfants. Tous développent des anticorps sans effets secondaires notables.