Le monde de la culture en Israël, qui commençait à peine à se remettre de l’attaque du 7 octobre et s’adaptait à la guerre en cours à Gaza, est de nouveau frappé de plein fouet : musées fermés, spectacles et festivals annulés, représentations reportées.
Le Festival d’Israël, l’un des plus anciens et emblématiques du pays, a reporté son ouverture prévue début juillet. « Nous cherchons de nouvelles dates, en espérant que la guerre prenne fin au plus vite », a déclaré son directeur, Eyal Sher, réaffirmant l’engagement du festival à poursuivre la création artistique comme un « lien essentiel dans le tissu social israélien ».
À Ashdod, le Festival Méridiano, qui devait débuter cette semaine et qui attendait 45 000 visiteurs, avec au programme les Gipsy Kings, le Projet Revivo, Haim Moshe, ou encore Yehuda Poliker, a lui aussi été suspendu. « Le festival aura lieu. Il faudra du temps, mais la culture triomphera », a réagi la direction.
À Jérusalem, la directrice de la Maison de la Confédération, Effie Benaya, a annoncé le report du festival Hullegeb, dédié à la création israélo-éthiopienne, à une période « plus calme et joyeuse ».
Pour les compagnies de danse, les vols annulés et la fermeture de l’espace aérien sont un coup dur. Noa Wertheim, directrice artistique de la compagnie Vertigo, parle de paralysie : « Tout s’est arrêté. Les représentations en Israël et à l’étranger ont été annulées les unes après les autres, ça fait mal, de ne pas être là, de ne pas transmettre cette lumière que nous portons ». Le spectacle Mana, qui devait ouvrir le festival de l’Opéra de Chemnitz en Allemagne, affichait complet. Idem pour une prestation prévue au festival de Sibiu en Roumanie. Tout a été suspendu. . » Même leur projet de soutien psychologique aux soldats blessés, Résilience avec Vertigo, a été bouleversé. et ’équipe s’est adaptée avec des visites à domicile et des sessions en ligne.
À Ga’aton, près de la frontière libanaise, la Compagnie de danse contemporaine du kibboutz a elle aussi suspendu ses activités. Sa directrice, Amira Teomi, évoque vingt mois marqués par les annulations, y compris à l’international. Le prestigieux stage d’été, qui attire chaque année des centaines d’étudiants du monde entier, est menacé, tout comme le programme professionnel prévu pour septembre. « Pour une structure à moins de 10 km de la frontière, la résilience est essentielle. Nous faisons de notre mieux pour affronter cette nouvelle tempête. »
Même au Centre Suzanne Dellal de Tel Aviv, l’un des piliers de la scène chorégraphique, l’espoir subsiste. « À chaque période d’instabilité, nous devons tout remettre en question. C’est devenu une routine. Mais comme toujours, nous avançons, avec espoir », confie sa directrice, Anat Fischer-Leventon. Des spectacles nocturnes, un festival pour enfants en juillet et le Tel Aviv Dance Festival prévu en août restent pour l’instant au programme.
Les musées aussi souffrent. Le directeur du musée ANU – le Musée du peuple juif, Oded Revivi, raconte que le Codex Sassoon – la plus ancienne Bible hébraïque complète au monde, acquise pour 38 millions de dollars – est arrivé en Israël deux jours avant le 7 octobre. « Lorsque la guerre avec l’Iran a éclaté, nous l’avons immédiatement remis en lieu sûr. »
